Pourquoi le requin n’est-il pas un mammifère ?

Aussi effrayant que fascinant, le requin arpente les océans depuis 400 millions d’années. Au sommet de la chaîne alimentaire, il est souvent assimilé aux dauphins et aux baleines. Pourtant, contrairement à ces deux derniers animaux, qui sont des mammifères, le requin est un poisson. Voici pourquoi !

Le requin Mako (ou requin-taupe bleu - Isurus oxyrinchus)

Le requin Mako (ou requin-taupe bleu - Isurus oxyrinchus). © Unknown

Le requin (Selachimorpha selon son nom scientifique) est un terme générique qui regroupe environ 440 espèces, qui sont réparties dans toutes les mers du globe : ainsi trouve-t-on le requin blanc, le requin pèlerin, le requin-nourrice, le requin mako, la roussette ou encore le requin soyeux.

S’ils possèdent tous des caractéristiques qui leur sont propres, ils ont un point commun : tous les requins appartiennent à la famille des poissons, et non des mammifères.

Le requin, poisson cartilagineux

Les grands prédateurs que sont les requins font en effet partie des poissons cartilagineux, aussi appelés «Chondrichthyens» : cela signifie que leur squelette est surtout composé de cartilage, sans os véritable. C’est en cela qu’ils se rapprochent le plus d’un autre poisson, la raie.

Dans les deux cas, la peau des animaux est couverte d’écailles dites placoïdes. Outre un cartilage calcifié prismatique, une autre caractéristique du poisson cartilagineux est la présence d’un «clasper pelvien», ou «mixiptérygium pelvien» chez les mâles : ces deux éléments sont la preuve que les requins sont monophylétiques, c’est-à-dire qu’ils descendent tous de la même espèce.

La respiration branchiale du requin

Il est aisé de différencier anatomiquement un mammifère d’un poisson : en effet, si les mammifères respirent hors de l’eau grâce à leurs poumons, les poissons sont des animaux vertébrés aquatiques à branchies, grâce auxquelles ils respirent sous l’eau. Les branchies leur servent à filtrer l'oxygène de l'eau – la plupart des requins possèdent cinq fentes branchiales de chaque côté du corps, mais certaines espèces en possèdent six voire sept.

En revanche, chez les mammifères marins, la respiration est aérienne (comme chez les mammifères terrestres) : ainsi les animaux doivent-ils remonter à la surface régulièrement pour respirer.

Par ailleurs, si les mammifères sont des animaux dits «à sang chaud» (ils sont capables de réguler leur température corporelle et leur chaleur évolue indépendamment du soleil) les poissons sont des animaux «à sang froid». Cela signifie que les requins ne disposent pas de mécanisme interne qui leur permet de réguler leur température corporelle.

Le requin pond des œufs

Autre détail qui permet de distinguer les poissons des mammifères : la reproduction et les organes qui y sont liés.

En effet, les femelles poissons pondent des œufs, tandis que les mammifères portent leurs petits. Ces dernières ont en outre des mamelles qui permettent d’allaiter les bébés, ce qui n’est pas le cas des poissons, donc des requins.

Au sein des poissons, la reproduction des requins est parmi les plus longues, ce qui pose un gros problème pour la survie de l’espèce : en effet, la surpêche et les captures accidentelles dont sont victimes les requins ont des conséquences plus importantes que sur les autres poissons, puisque les populations sont plus faibles.

Le requin, pas si menaçant mais très menacé

Malgré son image de bête assoiffée de sang dans l’imaginaire collectif, seules quatre espèces de requins sont répertoriées comme dangereuses pour l’homme (le requin blanc, le requin océanique, le requin taureau et le requin tigre). La plupart des autres espèces de requins sont des petits animaux inoffensifs qui ne se nourrissent que de poisson.

Pourtant, le requin, véritable régulateur des écosystèmes marins, est victime de braconnage, en raison de la valeur de ses ailerons et de ses dents, notamment.

Aujourd’hui, 60% des requins pélagiques seraient en danger d’extinction, selon la liste rouge mondiale des espèces menacées établie par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Delphine LE FEUVRE - © GEO

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