L'Océan à la bouche

La décennie de l’océan a commencé ce 1er janvier

L’Organisation des Nations unies a proclamé les années 2021 à 2030 décennie des sciences océaniques au service du développement durable. Et ça commence ce 1er janvier 2021… Avec des enjeux énormes.

Tortue imbriquée en ballade © Unknown

Tortue imbriquée en ballade © Unknown

La décision a été prise en 2017: 2021-2030 sera la décennie des Nations unies pour les sciences océaniques au service d’un développement durable. L’ambition: développer «la science dont nous avons besoin pour l’océan que nous voulons». Le coup d’envoi a eu lieu ce vendredi 1er janvier.

«En ce début de troisième millénaire, l’océanographie a la capacité d’identifier les problèmes et d’offrir des solutions», affirme Audrey Azoulay, la directrice générale de l’Unesco. L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture estime que l’océan devra jouer un rôle central pour le développement d’ici à 2030.

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«À condition de ne pas continuer à négliger ses apports. Dans les dix ans qui viennent, la communauté internationale doit investir massivement dans les sciences océaniques pour trouver des solutions aux grands défis planétaires.» À commencer par «une voie de redressement post-pandémie».

«L’océan arrive au bout de ses capacités d’atténuation du réchauffement climatique»

Aujourd’hui, les États ne consacrent en moyenne que 1,7 % de leurs budgets de recherche aux sciences de l’océan. «C’est beaucoup moins que pour les autres grands domaines scientifiques», estime la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’Unesco dans un rapport publié le 14 décembre.

«Ce faible pourcentage est d’autant plus difficile à justifier que l’apport de la mer à l’économie mondiale a été estimé à 1 500 milliards de dollars (1 225 milliards d’euros) en 2010 par l’OCDE.» La même année, l’économie maritime assurait, toujours selon l’Organisation de coopération et de développement économiques, plus de trente millions d’emplois directs à temps plein.

La pêche, bien sûr, qui nourrit plus de trois milliards de personnes, mais aussi le transport maritime, le tourisme, les énergies fossiles et renouvelables, la santé… sont autant de domaines qui justifient une meilleure connaissance de l’océan. D’autant qu’il «arrive au bout de ses capacités d’atténuation du réchauffement climatique», estime encore l’Unesco.

«Il faut révolutionner notre manière d’utiliser les sciences océaniques»

La tâche est donc immense si l’on veut parvenir aux objectifs définis par l’assemblée générale de l’Onu pour cette décennie: des océans propres, sains et résilients, productifs, prévisibles, sûrs, accessibles à tous et inspirants… Rien que ça !

Pour le secrétaire exécutif de la COI, Vladimir Ryabinin, «il faut révolutionner notre manière d’utiliser les sciences océaniques». Car l’objectif de cette décennie, c’est aussi l’Objectif de développement durable numéro 14 (ODD 14) défini par l’assemblée générale des Nations unies en 2015: celui de conserver et exploiter de manière durable les mers et les océans.

Stéphane GALLOIS - © Ouest France

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