Plusieurs bateaux attaqués par des orques

Depuis quelques semaines, des équipages sont régulièrement attaqués par des orques au large de l’Espagne. Un comportement jugé “très inhabituel” par les spécialistes.

Depuis la fin du mois© Marcel MOCHET / AFP

Au large de la péninsule ibérique, le comportement des orques interroge les scientifiques. D’ordinaire sociables et peu agressives, ces dernières s’attaquent en effet aux bateaux depuis environ deux mois, causant parfois de sérieux dommages.

Le dernier épisode en date s’est produit la semaine dernière. Un voilier de dix mètres de long qui venait de quitter le port de Ferrol – le Beautiful Dreamer, de la société Halcyon Yachts – aurait été touché au moins quinze fois par plusieurs orques. À bord, les trois membres d’équipage de nationalité finlandaise et britannique ont essuyé les coups, avant que l’embarcation ne soit finalement remorquée jusqu’au port.

Un peu plus tôt, le 30 août dernier, deux incidents se sont également produits au large des côtes de Galice. Un yacht de la marine espagnole, nommé le Mirfak, a perdu une partie de son gouvernail après l’attaque de deux spécimens. Quelques heures plus tard, un voilier français était également touché par une autre orque.

Les raisons de la colère ?

Les orques sont habituées à fréquenter les eaux de la péninsule ibérique à cette période de l’année pour venir chasser le thon. On dénombre une quarantaine d’individus répartis en une dizaine de familles. Ce qui est étrange, c’est qu’elles s’approchent si près des bateaux.

Si pour l’heure les chercheurs s’interrogent encore sur les motivations de ces mammifères marins, certains avancent néanmoins l’idée (encore spéculative) que ces attaques pourraient être liées au stress subi par les orques à cause des activités humaines.

Ken Balcomb, du Whale Research Center (Washington), soupçonne en effet ces orques menacées d’extinction d’avoir notamment pris conscience que les pêcheurs étaient bel et bien des concurrents directs pour la chasse au thon, leur principale source de nourriture, dont les populations sont de plus en plus réduites. Elle explique également à RT que les pêcheurs blessent parfois les orques avec leurs lignes.

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De plus, rappelons que le détroit de Gibraltar est une voie maritime très fréquentée, et donc très polluée.

Certes, les orques de la région sont habituées à vivre dans ces eaux particulièrement bruyantes. Néanmoins, il est possible que l’absence de bateaux de pêche et autres ferries maritimes, inhérente à la pandémie de Covid-19, ait permis à ces animaux de profiter d’un peu de tranquillité. Le redémarrage de toutes ces activités, il y a deux mois, a peut-être alors fait naître une certaine animosité des orques envers les Hommes. Encore une fois, ce n’est que spéculatif.

En attendant, les autorités maritimes espagnoles demandent aux navires de garder une distance avec les orques pour éviter tout danger.

Brice LOUVET - © SciencePost

 

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