Arctique: la banquise de mer tarde à se reconstituer

En cet automne 2020, la formation de la banquise de mer en Arctique connaît un retard sans précédent. La Mer de Laptev, située en Sibérie, est le lieu où la glace de mer se forme lors du passage de l’été à l’hiver. Fin octobre, la banquise n’est pas encore revenue.

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Sur la banquise arctique. © Daniella ZALCMAN / GREENPEACE

Face à cette situation inquiétante, les scientifiques ne sont pas étonnés. «C’est plus frustrant que choquant. Cela était prévu depuis longtemps, mais il y a eu peu de réactions parmi les preneurs de décision», déplore Stefan Hendricks, spécialiste de la banquise à l’Institut Alfred Wegener.

Les 14 dernières années ont enregistré les superficies de banquise les plus faibles jamais observées.

Première explication au retard de 2020: la vague de chaleur record observée au Nord de la Russie cet été.

En conséquence, la température de l’eau est environ 5 degrés Celsius supérieure à la moyenne, et la banquise formée l’hiver précédent fond. Autre raison de ce retard, le changement climatique. Il amène des courants doux de l’Atlantique en Arctique, ce qui perturbe la formation de la glace.

Une formation tardive de la banquise pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble de la région polaire, avertissent les scientifiques. La glace qui se forme dans la mer de Laptev au début de l’hiver est charriée par les courants jusqu’au détroit de Farm, où elle fond au printemps.

Elle y relâche la multitude de nutriments qu’elle contient et qui nourrissent le plancton.

Une quantité de glace moindre signifierai moins de nutriments, et donc, en plus de l’impact sur la chaîne alimentaire de l’écosystème, une réduction de la capacité du plancton à absorber le dioxyde de carbone présent dans l’air.

© The Guardian

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