La lutte contre les plastiques en mer se joue à terre

À l’échelle de la planète, un tiers des déchets plastiques finirait en mer, via les rivières, dénonce WWF dans le dossier plastique et océan de «La mer notre avenir». Réduire micro ou macroplastiques est un enjeu majeur pour l’environnement comme pour la santé. Les initiatives se multiplient à terre, là où tout se joue, pour y parvenir.

Mjaymdazndc2n2q0zjrmyte0nzexota2owi2zta0ngrkogq0njyLes opérations plages propres sont utiles mais ne suffisent pas face à l’ampleur du problème. © IStock

400 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année dans le monde. « Pour 2030, les projections montent à 550 millions de tonnes », alarme Arnaud Gauffier, directeur des programmes Agriculture et Alimentation chez WWF France, dans une interview à lire dans  le supplément La mer, notre Avenir du 24 mars 2020. L’ingénieur agronome rappelle que « 75 % des plastiques sont imaginés et conçus pour devenir des déchets », à l’instar de tous les emballages.

Sur le littoral 90 % des déchets sont des plastiques

Même si les directives européennes interdisent l’usage de certains plastiques à usage unique, comme les pailles, les couverts en plastiques etc, ce n’est que pour le premier juillet 2021. L’arrivée des plastiques sur les plages semble encore inéluctable. Pendant quatre ans, les chercheurs du Cedre (Centre de documentation, de recherche et d’expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux) et de l’Ifremer ont étudié et classé les déchets du littoral.

Le constat frappe : à 90 % il s’agit de plastiques. Parfois identifiables, comme les bouteilles ou les gobelets, parfois non identifiables, tant les fragments sont petits.

Si les initiatives lancées pour collecter les déchets sur les plages s’avèrent utiles, elles ne suffisent pas. Le fondateur de l’ONG Ocean Clean, Boyan Slat a tenté de les capter en mer, sans succès. Aujourd’hui il les intercepte en amont dans les rivières les plus polluées, notamment en Indonésie ou en Malaisie.

Interrogée par nos confrères de La mer, notre avenir, la Fédération de la plasturgie et des composites se montre consciente du problème. Son président, Benoît Hennaut, demande qu’ «à l’horizon 2022, l’ensemble des plastiques soient collectés dans les poubelles jaunes» et «souligne que les acteurs de la fédération se sont engagés à introduire un million de tonnes de matières plastiques recyclées dans la fabrication de leurs produits d’ici 2025».

Concrètement cela pourrait représenter un quart de la production de plastique demain.

La conchyliculture s’organise pour créer une filière

Mjaymdazn2zizdk0yjhhmmyxywm0yjjkytzln2vlmmuymmqwytiDans la région Pays de la Loire, les ostréiculteurs s’unissent pour faire recycler leurs poches. | IStock

Organiser le recyclage est donc crucial. Dans les Pays de la Loire, mytiliculteurs et ostréiculteurs s’organisent pour collecter les poches usagées afin que le fournisseur les recycle ou pour s’approvisionner en filets biosourcés et biodégradables.

Les choses avancent, mais comme le souligne Audrey Lainé, chargée des affaires sanitaires et environnementales au Comité national de la conchyliculture (CNC), «les filières de recyclages ne sont pas toujours rentables à mettre en place» et un rapprochement avec les pêcheurs sera peut-être nécessaire.

Les idées pour réutiliser le plastique recyclé ne manquent pas. Les étudiants de l’école Boulle travaillent sur le sujet, quand d’autres dans l’univers de la pêche et de la voile cherchent à réduire à la source l’usage du plastique.

Retrouvez l'ensemble du dossier sur "la mer notre avenir" (13.03 Mo) (PDF-13.03 Mo).

© Ouest France

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