Au large de l'Île de Sein, la langouste rouge est de retour

La langouste était recherchée pour la délicatesse de sa chair. Elle a fait l’objet de nombreuses convoitises et d’une pêche intensive jusqu’à presque l’épuisement du stock. Son sauvetage est alors lancé en 2005 grâce à une vraie collaboration entre pêcheurs et scientifiques.

Langouste rougeLangouste rouge de Bretagne. © Ifremer

Avec le homard, c’est l’une des espèces les plus emblématiques de Bretagne. Avant la guerre, la langouste rouge vivait en abondance le long des côtes Bretonnes. Pendant des années, elle a fait vivre des centaines de familles de pêcheurs, de mareyeurs et de poissonniers.

Pendant très longtemps elle a été pêchée aux casiers puis dans les années 80, le filet a fait son apparition. Une technique de pêche beaucoup plus efficace, les tonnages débarqués ont augmenté et se sont envolés.

Alors le stock s’est effondré : il est passé de 850 tonnes débarquées en 1949 à seulement 15 en 2010 !

Et puis un jour un homme s’est mis en tête de sauver l’espèce. Cet homme c’est Guillaume Normand, l’ancien Président du Comité Local des Pêches d’Audierne.  C’est donc lui qui, en 2005, est allé le premier frapper à la porte des scientifiques pour leur demander de prendre des mesures concrètes pour sauver la langouste rouge en Bretagne.

Le Programme National de Sauvegarde de la langouste rouge est donc lancé et le Comité Départemental des Pêches du Finistère est nommé pilote du projet. La partie scientifique est confiée à l’Ifremer tandis que le Parc Marin d’Iroise gère la logistique et la communication vis à vis du grand public.

Au début, les mesures sont un peu dures à faire passer auprès des pêcheurs. Les scientifiques leur demandent en effet de fermer la Chaussée de Sein, la principale zone de pêche française, et d’augmenter d’un centimètre la taille minimum de capture c’est à dire de faire passer de 5 à 7 ans l’âge des spécimens pêchés. Mais la profession s’engage et participe elle-même au suivi de l’espèce.

Depuis peu, on observe un nombre de juvéniles de plus en plus important, les stocks remontent doucement. On est loin des 850 tonnes d’avant-guerre mais aujourd'hui, on cherche à pêcher moins pour pêcher mieux et surtout de manière durable. Un jour peut-être cette collaboration entre pêcheurs et scientifiques permettra de sauver l’espèce.

Le temps est venu de faire à nouveau des choix. Que décide-t-on pour l’avenir et pour une sauvegarde durable de l’espèce ?

Sophie BOURHIS – France 3 région Bretagne

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