Les bacs à marée, pour faire du bien à nos plages

C’est une idée toute simple, qui fait du bien à la planète : profiter de nos balades en bord de mer pour collecter les déchets polluants d’origine humaine. Avec plus de 150 "bacs à marée" accessibles sur les plages françaises, la coopérative TÉO œuvre pour une écologie résiliente et participative.

Image 1024 1024 15065969Les bacs à marée permettent aux promeneurs de ramasser les déchets et préserver l’environnement littoral. © archives Thierry DUBILLOT / Ouest-France

La société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) TÉO est à l’initiative des « bacs à marée », réceptacles pour macro-déchets polluants qui ne rentrent pas dans les poubelles. Le principe est simple : promeneurs et touristes sont invités à collecter ces déchets trouvés sur les dunes et plages afin de les déposer dans les bacs.

Lauréat 2020 du prix de l’inspiration en ESS (économie sociale et solidaire), TÉO et les bacs à marée innovent afin de s’inscrire dans une démarche écocitoyenne participative. L’initiative permet à chacun de prendre part à la préservation du littoral, un enjeu écologique majeur.

«Pus de 100 tonnes de déchets ramassés»

Bien que le projet ait été lancé à La Rochelle (Charente-Maritime), les bacs à marée sont désormais répandus sur l’ensemble du littoral français. Cet outil de sensibilisation et de protection de l’environnement marin a permis de ramasser plus de 100 tonnes de déchets depuis sa création en 2011.

«On trouve autant de déchets qu’il peut y en avoir dans une galerie marchande, soit tous les déchets de la planète», témoigne Fabrice Faurre, gérant de la coopérative TÉO. Bidons et bouteilles en plastique sont monnaie courante mais les types de déchets sont multiples.

En Charente-Maritime et en Normandie, les déchets liés à la conchyliculture sont omniprésents. Mais les typologies de déchets diffèrent en fonction des courants. Et plus on s’approche des estuaires, plus on retrouve des déchets liés à la consommation.

Dans une démarche pédagogique, des explications sur les bacs à marée précisent aux promeneurs ce qu’il faut ramasser ou non, notamment concernant les laisses de mer, ces éléments naturels laissés par les marées : algues, œufs de poissons, morceaux de bois et restes d’organismes marins qui constituent un écosystème utile à la vie du littoral.

Un enjeu écologique

Les bacs à marée s’inscrivent dans le projet plus global du programme Trait-Bleu, qui agit en faveur de la préservation des littoraux. Parmi ces actions opérationnelles sont organisés des nettoyages des concessions ostréicoles abandonnées et la recherche de polluants organiques persistants (POP).

«On suit de très près les données scientifiques sur ce sujet et il s’avère que potentiellement les déchets plastiques vectorisent les POP, explique Fabrice Faurre. Nous travaillons avec l’université de La Rochelle pour analyser les plastiques qui sont restés immergés dans l’eau longtemps afin de savoir s’il y a des POP dans nos eaux et déterminer leur provenance.»

Par principe de précaution, les plastiques qui viennent de la mer ne sont actuellement pas recyclés.

Joséphine MAUNIER - © Ouest-France

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