Laver ses vêtements en machine pollue beaucoup les océans

Des chercheurs de l’Université de Northumbrie, au Royaume-Uni, ont découvert que leurs eaux usées dégagent 13 000 tonnes de microfibres dans les milieux marins européens chaque année.

Image 1024 1024 14991321Les machines à laver rejettent environ 13 000 tonnes de microfibres chaque année dans les eaux européennes. Photo d’illustration © Picture Factory / Stock Adobe

Des chercheurs de l’université de Northumbrie, au Royaume-Uni ont publié une étude sur le site internet PLOS One, une revue scientifique, qui explique que des milliers de tonnes de microfibres sont rejetées chaque jour dans les milieux marins.

13 000 tonnes chaque année en Europe

Selon eux, le linge de maison «dégage l’équivalent de deux camions poubelles» de pollution chaque jour. Pour ces recherches, ils ont travaillé en partenariat avec Procter & Gamble, une multinationale américaine spécialisée dans les biens de consommation courante comme les lessives Ariel, Lenor ou Dash.

En un an, ils ont découvert plus de 13 000 tonnes de microfibres dans les milieux marins européens. Ils ont déclaré que c’était la première grande étude sur l’impact environnemental provenant du linge sale des ménages.

96 % d’origine naturelle

En fait, selon leurs données, lors d’un cycle de lavage standard, 114 mg de microfibres en moyenne sont libérés pour chaque kilogramme de tissus. Pour les scientifiques, ces microfibres pourraient même être plus dangereuses que les microbilles en plastiques auparavant utilisées dans les gommages ou nettoyants, et interdites en France depuis le 1er janvier 2018.

Les fibres qui sont rejetées sont à 96 % d’origine naturelle, et proviennent du coton, de la laine ou de la viscose. À l’inverse, les fibres synthétiques, comme le nylon, l’acrylique ou le polyester, ne représentent que 4 % d’entre elles.

Le problème, c’est que les fibres naturelles d’origine végétale et animale se dégradent beaucoup plus rapidement que les fibres synthétiques. C’est ce que mettent en avant les chercheurs, en expliquant que, selon une précédente étude, les fibres de coton se dégradent de 76 % après huit mois de traitement des eaux usées, alors que les fibres de polyester se dégradent de seulement 4 % sur le même laps de temps.

La fabrication des textiles ou la conception des machines à laver seront des solutions à l’avenir pour lutter contre la pollution des écosystèmes marins. En attendant, les chercheurs expliquent que des lavages plus courts, et à une température plus basse, réduisent la quantité de fibres perdues par les vêtements.

Privilégier les cycles courts et froids

D’après leurs essais, entre un cycle de 30 minutes à 15 degrés et un cycle standard de 85 minutes à 40 degrés, la quantité de microfibres libérées est réduite de 30 % sur le programme le plus court.

Selon l’étude, «si les ménages faisaient des lavages plus rapides et plus froids, ils économiseraient potentiellement 3 813 tonnes de microfibres rejetées dans les écosystèmes marins en Europe». Ils expliquent également que les vêtements plus récents rejettent plus de microfibres que les vêtements plus anciens.

En plus de moins polluer, les vêtements devraient rester dans un meilleur état en les lavant à une température plus basse, sur un cycle court.

Alexandre CHAUVEL - © Ouest-France

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