La baleine à bosse de Montréal probablement heurtée par un bateau

La baleine à bosse qui avait conquis le cœur des Montréalais avant d'être retrouvée morte mardi dans le fleuve Saint-Laurent près de Montréal, a probablement été victime d'une collision avec un bateau.

F4b9e8750b4bac5dabf696479cab60f1fc7e745bLa carcasse d'une jeune baleine à bosse, retrouvée morte dans le Saint-Laurent à l'est de Montréal, a été sortie du fleuve à l'aide d'une grue mardi 9 juin. © Éric THOMAS / AFP

"Le diagnostic, pour l'instant, est une suspicion de collision avec un bateau", a dit Stéphane Lair, vétérinaire de l'Université de Montréal chargé de l'analyse de la baleine, une femelle de dix mètres pesant 17 tonnes et âgée de 2 à 3 ans.

La carcasse de l'animal, dont les sauts avaient émerveillé des centaines de curieux à Montréal ces derniers jours, avait été récupérée dans le fleuve Saint-Laurent et glissée sur la berge mardi soir à Sainte-Anne-de-Sorel, à 90 km à l'est de Montréal.

"L'animal présentait quand même des signes de traumatismes possibles (...) qui suggèrent fortement que l'animal a été frappé par un bateau", a-t-il précisé.

Un rapport de nécropsie censé être produit "d'ici un ou deux mois" devrait fournir "un diagnostic plus précis", a-t-il ajouté.

Son équipe ne pourra cependant procéder qu'à "une quantité d'analyses (...) assez limitée au niveau des organes internes" de l'animal, en raison de son "état de décomposition assez avancé".

D1a8aa38333cc368af823b92cfc181a3470a402eUne équipe de vétérinaires de l'université de Montréal a procédé mercredi 10 juin à la nécropsie d'une baleine à bosse retrouvée morte la veille dans les eaux du fleuve Saint-Laurent. © Éric THOMAS / AFP

La baleine, aussi appelée rorqual à bosse, avait été vue dimanche pour la dernière fois.

"On ne sait pas ce qui s'est passé", a souligné le biologiste Robert Michaud, coordonnateur du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins (RQUMM), association mandatée par le gouvernement canadien pour la protection des cétacés du Saint-Laurent.

"On savait que c'était un animal qui était en bonne santé", qui n'avait "pas de problèmes de maladies chroniques", a-t-il néanmoins rappelé.

Il y avait "très peu d'options" d'interventions, selon lui, compte tenu que "l'animal a fait une série de choix, de décisions ou d'erreurs qui l'ont amené à Montréal".

"C'est un phénomène pas très fréquent, mais régulier" chez les jeunes baleines que d'aller explorer des milieux ne constituant pas leur habitat naturel, a-t-il ajouté.

422dd1627922fe0a837272322f1ee27d0fc28e9dLa carcasse de la baleine à bosse retrouvée morte à l'est de Montréal, a été autopsiée le 10 juin 2020 à Sainte-Anne-de-Sorel, au bord du Saint-Laurent, avant d'être chargée à bord d'un camion pour être transportée vers une décharge spécialisée. © Éric THOMAS / AFP

Pour M. Michaud, "l'histoire de la cohabitation avec les baleines dans le Saint-Laurent", où on dénombre 13 espèces de cétacés, "c'est un grand enjeu". "Son passage à Montréal va peut-être mettre en lumière la difficulté de cette cohabitation" sur cet axe important de transport maritime vers l'intérieur du continent.

Il a dit espérer que l'animal aura laissé "un héritage heureux" de son passage à Montréal en faisant prendre conscience à "beaucoup de gens" qu'à "seulement 450 km en aval du pont Jacques-Cartier vivent des animaux magnifiques".

"C'est important de regarder ça de façon positive", a renchéri M. Lair en soulignant que la baleine à bosse "avait presque complètement disparu" suite à une "chasse intensive" et qu'elle n'est plus aujourd'hui "menacée".

"La population a connu une augmentation assez importante dans les dernières décennies suite à des mesures de conservation", a-t-il dit.

© AFP / 2020

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