Mayotte: deux ans de prison ferme pour des braconniers de tortues

Deux hommes ont été condamnés à deux ans de prison ferme par la Chambre d’appel de Mamoudzou, à Mayotte, pour avoir capturé et dépecé des tortues protégées. Une peine plus sévère qu'attendue, alors que les accusés ne se sont pas présentés au tribunal et restent toujours en fuite.

Cover r4x3w1000 5f0740ac1ffb9 255a8c59c1340a4e957c1049d1455e1b1ea81285 jpgUne tortue verte venue pondre sur une plage de Mayotte. © David LEMOR - AFP/Archives

La Chambre d'appel de Mamoudzou, à Mayotte, a condamné jeudi 9 juillet 2020 à deux ans de prison ferme deux hommes en fuite pour braconnage de tortues marines, qui sont des espèces protégées.

En première instance en avril 2020, les deux hommes avaient avoué leurs actions devant les enquêteurs, mais ils avaient été relaxés pour vice de forme au grand dam des associations environnementales, comme Sea Shepherd ou Les naturalistes de Mayotte.

65 kg de viande de tortue fraîche

Attrapés avec 65 kg de viande de tortue fraîche dans la barge reliant la Petite Terre à la Grande Terre, ils n'avaient pas pu être assistés par un avocat lors de leur garde à vue. Jeudi, ils ne se sont pas présentés et n'ont pas donné pouvoir de représentation à leur avocat Me Soumetui Andjilani, pourtant présent à l'audience.

Cette condamnation "porte un message qui va dans le bon sens"

L'avocate générale Denise Lacroix avait requis une peine d'un an de prison ferme à l'encontre des deux braconniers. La Chambre d'appel a été plus sévère, en les condamnant à deux ans de prison ferme et 1.000 euros de dommages et intérêts.

Cette condamnation porte un message qui va dans le bon sens, a estimé l'association Les Naturalistes de Mayotte qui rappelle que les tortues marines sont des espèces protégées. "La peine maximum qui leur est appliquée montre que la justice joue son rôle et corrige l'effet désastreux de la relaxe du premier jugement", a écrit dans un communiqué l'association, qui regrette néanmoins que les condamnés soient toujours en fuite.

À Mayotte, les associations environnementales dénombrent 300 tortues braconnées, un chiffre basé sur les restes trouvés sur les plages, mais qui serait inférieur à la réalité. Ce braconnage met à mal à long terme l'observation de ces animaux, un des atouts touristiques et économiques de l’île.

© AFP / 2020

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