L’ours polaire pourrait-il vivre en Antarctique ?

L'ours polaire est une espèce endémique de l'Arctique. Mais il est victime de la fonte de la banquise et de la raréfaction de sa nourriture. D'où l'idée de l'implanter en Antarctique, qui bénéficie de conditions similaires. Mais est-ce vraiment possible et souhaitable ?

2020 01 08 18h32 56L'ours polaire peine à s'adapter au réchauffement climatique. Faut-il alors l'implanter en Antarctique ? © Outdoorsman / Fotolia

Il reste aujourd'hui entre 22.000 et 31.000 ours polaires dans le monde, répartis dans cinq pays autour du cercle arctique. Mais cette espèce emblématique fait face à de graves menaces.

Au rythme actuel de la fonte des glaces, la surface estivale de son habitat sera réduite de 40 % d'ici le milieu du XXIe siècle et sa population aura diminué des deux tiers, estime le WWF.

Alors, pourquoi ne pas implanter l'ours polaire sur l’autre pôle, en Antarctique ? À priori, rien ne s'y oppose.

Le territoire antarctique s'étend une surface à peu près équivalente en hiver. Il est toutefois deux fois moins étendu l'été. Les températures y sont similaires (entre -10 et -40 °C, même si elles peuvent descendre plus bas en Antarctique en altitude).

On y trouve des phoques, qui représentent 90 % de la nourriture du plantigrade, et aussi des otaries et des morses.

649addb03e 50158615 ours polaire bao menglong unsplash

© Bao MENGLONG, Unsplash

Les manchots décimés en un clin d’œil

«Bien que l'idée semble séduisante, les risques d'une relocalisation dépassent largement les bénéfices», met en garde l'organisation canadienne Polar Bears International.

L'arrivée d'un tel prédateur, tel que l'ours polaire, serait un désastre pour les espèces natives comme les manchots ou les phoques de Weddel.

«N'ayant aucune habitude d'un danger terrestre, les manchots pourraient être décimés en un clin d'œil, surtout lorsqu'ils se réunissent en grand nombre sur la banquise pour se reproduire», alerte Polar Bears.

On ne compte plus les expériences d'introduction d’espèces hors de leur milieu naturel qui se sont soldées par une invasion incontrôlable et une disparition rapide des espèces endogènes.

L'ours polaire en Antarctique ? Une fausse bonne idée

Autre problème : les ours polaires pourraient amener avec eux des pathogènes dangereux pour les espèces locales. L'Antarctique a toujours été isolé du continent, il est relativement préservé des contaminations.

L'ours pourrait, à l'inverse, être atteint par un microbe non présent en Arctique. Enfin, l'Antarctique fait lui aussi face à la fonte rapide de ses glaces.

Entre 2009 et 2018, le continent a ainsi perdu 252 milliards de tonnes par an, un rythme six fois plus élevé que lors de la décennie 1979-1990. L'ours polaire ne trouverait donc au pôle Sud qu'un bref répit.

Céline DELUZARCHE - © Futura Sciences

Lire aussi :

Quand la faim justifie les moyens !

L’ours polaire ne trouve plus assez de phoques pour se rassasier

L'agonie des ours polaires

Ajouter un commentaire