Le plus grand animal du monde, est de retour

Les baleines bleues de l’Antarctique ne voient pas encore la vie en rose, mais elles amorcent leur retour. En grand danger d’extinction, elles avaient presque disparu des eaux antarctiques après plusieurs décennies d’exploitation industrielle.

Image 1024 1024 14248964Presque disparue, la baleine bleue de l’Antarctique est de retour au large de la Géorgie du Sud. © Mikkel WEJDEMANN / Pixabay

En grand danger d’extinction, les baleines bleues de l’Antarctique sont de retour dans les eaux de la Géorgie du Sud, au large de l’Argentine. Protégé depuis 30 ans, le plus grand animal du monde a été victime des baleiniers pendant une grande partie du XXe siècle.

«À partir de 1904, plusieurs baleiniers ont opéré le long des côtes de la Géorgie du Sud, tuant d’abord les baleines à bosse (1904-1920), puis les baleines bleues et les rorquals communs (1920-1945), et enfin les moins rentables baleines boréales (1945-1965)», résume le British Antarctic Survey, l'opérateur national britannique en Antarctique, dont une équipe a mené plusieurs expéditions au large de la Géorgie du Sud.

L’institut estime que dans cette région, située au nord de l’Antarctique et au large de l’Argentine, l’exploitation successive des différentes espèces de baleines a tué plus de 176 000 individus.

Depuis l’arrêt de la pêche, les baleines avaient presque disparu, du moins elles n’ont presque pas été observées pendant 30 ans.

Image 1024 1024 14248965La Géorgie du Sud est une île située à 1 752 kilomètres à l'est de la péninsule Mitre en Terre de Feu. © Ouest-France

Image 1024 1024 1424896655 baleines bleues de l’Antarctique ont été observées pendant les 21 jours d’expédition début 2020. © Martin COLLINS

Un spécimen observé en 2018, 55 en 2020

Quand des baleines bleues de l’Antarctique sont détectées acoustiquement et aperçues (une seule fois) en 2018 en Géorgie du Sud, c’est donc un événement pour l’équipe de 40 chercheurs issus de neuf pays différents.

Le dernier relevé, effectué début 2020, confirme leurs espoirs, et le retour du plus grand animal du monde dans les eaux anglaises antarctiques. 55 spécimens ont été aperçus au cours des 21 jours que comptait la mission. «Pour une espèce aussi rare, il s’agit d’un nombre sans précédent. Cela suggère que les eaux de la Géorgie du Sud restent un important lieu d’alimentation d’été pour cette espèce méconnue», résument les chercheurs sur le site de la British Antarctic Survey.

30 ans de protection

Au-delà de cette espèce menacée, les autres populations de baleines ont également tendance à revenir dans cette région située au nord de l’Antarctique. Les premiers résultats révèlent qu’il n’est désormais plus rare d’observer des baleines à bosse dans les eaux côtières, avec 790 animaux vus en trois semaines d’expédition.

Selon les scientifiques britanniques, 20 000 baleines se nourriraient désormais de façon saisonnière dans ces eaux. «Le résultat de trente années de protection de l’espèce», résument les chercheurs.

Valentin BIRET - © Ouest France

Lire aussi :

Le repas d’une baleine bleue (vidéo)

Une baleine capte bien plus de CO2 qu'un arbre

Des baleines adaptent leur communication pour protéger leurs bébés

La mémoire d'éléphant des baleines bleues

Ajouter un commentaire