Des microplastiques découverts dans la glace de l’Antarctique

Des microplastiques ont été trouvés quasiment partout sur la Terre, de l’Arctique jusqu’au fond des tranchées océaniques. Jusqu’à présent en revanche, nous pensions que la glace de mer de l’Antarctique avait été épargnée. Mais ça, c’était avant.

2020 04 27 17h01 36© Lurii SOKOLOV / Adobe stock

Dans le cadre d’une expédition menée à l’Est du continent, des chercheurs ont extrait une carotte de glace longue de 1,1 mètre et large de 14 cm. L’analyse de ces échantillons, opérée par des chercheurs de l’Université de Tasmanie en Australie, vient de révéler la présence de 96 particules microplastiques contenues à l’intérieur, provenant de 14 types de polymères différents.

Des microplastiques ont déjà été découverts dans les eaux de surface ou dans la neige de l’Antarctique, mais ils apparaissaient jusqu’à présent absents dans la banquise.

Ces niveaux de pollution sont certes encore très faibles, les chercheurs en conviennent, mais ils témoignent encore une fois du fait que les zones les plus isolées de la Terre ne sont pas à l’abri de nos déchets.

«L’océan Austral n’aura pas été suffisant pour protéger l’Antarctique de la pollution plastique», déplore ainsi Anna Kelly, principale auteure de l’étude publiée dans le Marine Pollution Bulletin.

Mais alors, d’où viennent ces microplastiques ?

Jusqu’à 75% des particules identifiées étaient des polymères principalement utilisés dans les industries maritimes, peut-on lire dans l’étude. Les chercheurs suggèrent ainsi qu’elles ont été probablement arrachées à des filets ou d’autres équipements de pêche en plein océan Austral.

En outre, il est ressorti que toutes ces particules étaient relativement grandes, suggérant qu’elles ont été libérées dans un environnement proche.

«Les polymères microplastiques de notre carotte de glace étaient plus gros que ceux identifiés en Arctique, explique en effet la chercheuse. Ce qui peut indiquer des sources de pollution locales car le plastique a moins de temps pour se décomposer en fibres plus petites que s’il était transporté sur de longues distances par les courants océaniques».

2178Des microfibres en plastique isolées dans la carotte de glace, ici vues au microscope. © Anna KELLY / Institut d’études marines et antarctiques

Quelles conséquences pour la faune ?

En analysant la carotte, les chercheurs ont découvert que les plastiques étaient souvent entourés d’algues dont se nourrit le krill qui, on le rappelle, est à la base de la chaîne alimentaire.

Reste à savoir si cette intrusion des microplastiques dans le réseau trophique local aura de réelles conséquences sur le vivant. Des recherches supplémentaires seront nécessaires pour le savoir.

On connaît en effet relativement bien les effets néfastes des macroplastiques sur la faune. Les animaux, notamment en milieu marin, peuvent ingérer de gros morceaux et s’étouffer, ou s’enchevêtrer dans les filets et mourir de fatigue.

Les impacts des microplastiques sont en revanche plus subtils et, à long terme, beaucoup moins compris.

Brice LOUVET – SciencePost

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