On connaît désormais l’âge du plus grand poisson du monde… grâce à la bombe atomique

Une étude parue le 6 avril 2020 dans la revue Frontiers in Marine Science détaille comment les essais nucléaires effectués durant la guerre froide ont contribué à déterminer l’âge de deux requins-baleines, le plus grand poisson du monde.

Cover r4x3w1000 57df4c08bdf0c requin baleine 1Le requin-baleine. © James HANCOCK

Les tests de la bombe atomique effectués par les grandes puissances des années 1950 et 1960 ont contribué à déterminer l’âge de deux requins-baleines, le plus grand poisson du monde. C’est ce que révèle une étude parue le 6 avril 2020 dans la revue Frontiers in Marine Science.

Tous les êtres vivants de la planète possèdent des traces de carbone 14. Les nombreux essais nucléaires effectués en période de guerre froide ont doublé la présence naturelle de cet isotope radioactif.

C’est à partir de la connaissance de sa vitesse de décomposition qu’une équipe de scientifiques a pu estimer l’âge des deux poissons, récupérés dans des filets de pêche à Taïwan et au Pakistan. Les prélèvements de carbone 14 effectués sur leurs vertèbres révèlent que ce requin pourrait vivre entre 100 et 150 ans.

Cette datation au radiocarbone remplace la technique qui était jusqu’à présent utilisée : le comptage des anneaux de croissance formés sur les vertèbres des requins-baleines morts. Un peu à l’image des cernes d’un tronc d’arbre, où leur nombre augmente avec l'âge de l'animal.

Une méthode qui était loin de faire l’unanimité, car personne ne savait à quelle fréquence ces anneaux apparaissaient.

Une espèce menacée

Cette étude est très importante pour la sauvegarde de cette imposante espèce, qui peut mesurer jusqu’à 20 mètres de long et peser jusqu’à 34 tonnes. Elle permet désormais de connaître le taux de croissance de ce poisson, et d’expliquer pourquoi l’espèce est aujourd’hui classée comme menacée (“en danger”) sur la liste rouge de l’UICN.

Une espérance de vie si longue rend en effet ce poisson extrêmement vulnérable à la surpêche, dont il est victime en Thaïlande et aux Philippines.

Ces données vont donc aussi permettre aux scientifiques d’aider les autorités locales à réguler la pêche du requin-baleine, ou à purement et simplement l’interdire.

Sébastien ROUET - © GEO

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