Découverte d’une nouvelle espèce de baleine

C’est une petite baleine sombre à bec, qui nage dans les eaux du Pacifique Nord. Les baleiniers l’observaient depuis plusieurs années, mais l’espèce n’était pas reconnue. Des spécimens échoués ont permis à des scientifiques d’en savoir un peu plus sur ce mammifère marin, difficile à étudier.

Image 1024 1024 12384492Des baleines à bec non identifiées étaient observées par des baleiniers japonais depuis plusieurs années. © Hal Sato / Scientific Reports / Nature

Elle s’appelle Berardius minimus, et c’est une nouvelle espèce de baleine à bec. Minimus, parce que son corps est plus petit que celui des spécimens Berardius bairdii qu’on connaissait déjà. Elle est également plus sombre, son ADN est différent, tout comme ses mesures crâniennes et son bec, qui est plus court, indiquent les chercheurs qui ont écrit le premier article sur cette espèce dans la rubrique «Scientific Reports» de la prestigieuse revue britannique Nature.

Cela faisait déjà plusieurs années que les baleiniers de l’île japonaise d’Hokkaido observaient cet animal à bec, dans les eaux du Pacifique Nord, mais ne le reconnaissaient pas.

Des spécimens se sont récemment échoués sur les côtes de la mer d’Okhotsk. Ils ont permis aux scientifiques d’étudier de près leurs caractéristiques et d’établir la nouvelle espèce. Car les baleines à bec ne sont pas des mammifères faciles à observer précisément.

Elles peuvent plonger très profond, à plus de 3 000 m sous la surface et rester en apnée jusqu’à une heure. Les spécialistes ne peuvent donc se baser que sur des animaux échoués pour leurs travaux.

Pas d’observations de femelles adultes

Les chercheurs ont rassemblé quatre baleines mortes – trois à Hokkaido au Japon et une autre trouvée en 1943 à Unalaska, au large de l’Alaska, et conservée dans la collection du Muséum national d’histoire naturelle des États-Unis.

Les quatre baleines partagent des caractéristiques de l’espèce Berardius mais «se distinguent de leurs congénères» par la morphologie (forme du corps), l’ostéologie (structure du squelette) et la phylogénie moléculaire (physique ou génétique).

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Un spécimen mâle de Berardius minimus échoué, découvert à Sarufutsu, sur l’île d’Hokkaido. © Yasushi Shimizu / Scientific Reports / Nature

«Rien qu’en les regardant, on peut constater qu’elles ont un corps remarquablement plus petit, plus fuselé, un bec plus court et une couleur plus sombre par rapport aux espèces connues de Berardius», décrit Tadasu K. Yamada, auteur de l’étude et conservateur émérite du Musée national de la nature et des sciences au Japon.

Pour le moment, on n’en sait pas beaucoup plus sur cette espèce minimus. «Nous ne savons pas à quoi ressemblent les femelles adultes et de nombreuses questions relatives à la répartition des espèces demeurent», écrit le spécialiste.

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Sur cette illustration qui compare la nouvelle espèce Berardius minimus (A) et la baleine à bec de Baird (Berardius bairdii) (B), on observe bien la différence de taille. © Yoshimi Watanabe, National Museum of Nature and Science / Nature

Il n’empêche, la découverte passionne les scientifiques. «C’est une espèce de baleine de 6 à 7 m de long qui n’avait pas été reconnue avant le XXIe siècle !», s’enthousiasme auprès du site spécialisé Gizmodo, Tadasu K. Yamada. Il tient à souligner le rôle majeur des habitants qui ont protégé des ours affamés les carcasses des spécimens échoués.

Dee Allen, chercheure responsable d’un programme de recherche à la Marine Mammal Commission (organisme gouvernemental américain chargé de promouvoir la conservation des mammifères marins et de leur environnement.), aussi partagé son excitation en écrivant à Gizmodo : «Le fait que nous découvrions toujours de nouvelles espèces dans nos océans – et cette fois-ci, des animaux pouvant atteindre près de 7 mètres ! – est ce qui rend la science, et en particulier la science des océans, si excitante

© Ouest France

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