Qu’est-ce que l’archipel des îles Éparses ?

Situé dans l’océan Indien, l’archipel français, revendiqué par Madagascar, est quasiment inhabité mais très riche en ressources naturelles et économiques.

Gupzw36ccqzxmr7g63udemwlseUne vue aérienne des îles Glorieuses, situées en plein Océan indien. © Sophie LAUTIER / AFP

Une courte escale de deux heures, soit tout de même deux fois plus que prévu, mais aux enjeux aussi politiques que symboliques. En voyage en Outre-mer, Emmanuel Macron s'est rendu ce mercredi matin aux îles Glorieuses, qui sont l'une des cinq parties des îles Éparses, situées en plein Océan Indien et au large de Madagascar.

C'est la première fois dans l'histoire qu'un président de la République se rendait sur cet archipel d'environ 53 km2, note la chaîne de télévision locale Outre-mer la 1ère.

Les îles Éparses, qualifiées par Emmanuel Macron de «territoire extrêmement stratégique dans la région», sont administrées par la France depuis 1960. Elles obtiennent un véritable statut en 2006, quand elles passent sous le giron des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), qui sont un territoire d'outre-mer.

La préfète des TAAF, Evelyne Decorps, a d'ailleurs accueilli Emmanuel Macron sur place ce mercredi matin, et lui a détaillé les caractéristiques de l'île.

Hydrocarbures et biodiversité

Mais ce statut de territoire français est contesté par Madagascar. L'ancienne colonie française, devenue indépendante en 1960, revendique depuis plusieurs décennies la souveraineté sur cet archipel, au point d'empoisonner les relations diplomatiques franco-malgaches.

Il est vrai que les îles Glorieuses, et plus largement les îles Éparses, constituent un enjeu économique majeur. La France y possède une zone économique exclusive (ZEE) très étendue, de près de 640 000 km2, et située en grande partie en plein canal du Mozambique. Elle peut ainsi tirer profit des ressources de ce territoire riche notamment en hydrocarbures et en poissons pour la pêche.

L'archipel est quasiment inhabité. Une quinzaine de militaires y vivent et se relaient tous les 45 jours pour assurer la souveraineté de la France, ainsi que quelques scientifiques. Car ces îles sont aussi classées réserve naturelle (depuis 1975 pour les îles Glorieuses), et des études y sont menées sur la pollution et le climat. Des milliers de tortues et d'animaux marins y vivent.

«Pour surveiller ces zones et empêcher la pêche illégale, on ne pourrait rien faire sans la marine nationale», a indiqué ce mercredi matin la préfète des TAAF à Emmanuel Macron, avant que celui-ci se balade durant une vingtaine de minutes avec des scientifiques sur la plage.

Vers une «solution commune» avec Madagascar ?

Avec ce déplacement, le chef de l'État souhaitait «marquer notre engagement en faveur de la biodiversité et le choix d'aller au bout de la protection de ce territoire et de le sanctuariser pleinement».

Sur place, Emmanuel Macron a dit «souhaiter que les îles Éparses fassent l'objet d'un traitement commun avec Madagascar dans une perspective de développement durable».

Une position déjà affirmée le 29 mai dernier, lorsque le chef de l'État avait reçu à l'Élysée son homologue malgache, Andry Rajoelina. Lors d'un point presse commun, celui-ci avait «demandé solennellement et officiellement à Monsieur le président de trouver une solution pour la gestion ou la restitution des îles Éparses à Madagascar, au nom des 25 millions de Malgaches, parce que je connais vos engagements». Emmanuel Macron avait promis en réponse de mener «un dialogue pour aboutir à une solution commune».

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Les discussions prendront la forme d'une commission mixte qui devrait aboutir d'ici juin 2020, date du 60e anniversaire de l'indépendance de Madagascar, a ensuite précisé l'Élysée.

Comme l'a rapporté Checknews en mai, l'ONU avait, en 1979, «invité le gouvernement [français] à entamer sans plus tarder des négociations avec le gouvernement malgache en vue de la réintégration des îles précitées qui ont été séparées arbitrairement de Madagascar».

La France n'avait jamais donné suite à cette résolution non contraignante.

Nicolas BERROD et Pauline THÉVENIAUD - © Le Parisien

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