Plus de 3 000 dauphins vivent en captivité dans des parcs de loisirs

Selon un rapport d’une association de défense des animaux, plus de 3 000 dauphins vivent en captivité dans 336 parcs de loisirs dans le monde. Spectacles, selfies et bassins trop petits : leur quotidien n’est souvent pas rose.

Mjaxotexnzewnze2mtu3odi2njdlmwuynzm4ndnkzgy2yzdkytmDerrière les jeux, le quotidien des cétacés en captivité n’est pas rose. © Vasily FEDOSENKO / REUTERS

L’ONG World Animal Report a publié fin octobre une mise à jour de son rapport sur les cétacés en captivité dans des parcs de loisirs. Baptisée « Behind the smile » (« derrière le sourire »), cette étude dénonce les conditions de vie des animaux, et leur exploitation.

Partant de la base Ceta Base, World Animal Report a recensé 336 parcs de loisirs dans le monde hébergeant des cétacés, pour leur grande majorité des dauphins de différentes races (en particulier Grands dauphins et orques…). Ces parcs de loisirs sont répartis dans 54 pays.

707 dauphins en captivité rien qu’en Chine

L’ONG en compte trois en France : Planète Sauvage à Port-Saint-Père (44), le Marineland Antibes, et le Parc Astérix.

En tout, plus de 3 000 dauphins sont comptabilisés dans les parcs de loisirs dans le monde.

C’est en Chine qu’ils sont le plus nombreux, 707 :

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En France, le Marineland d’Antibes compte 15 dauphins (dont 12 nés en captivité), Planète Sauvage en compte 9 (tous nés en captivité) et le Parc Astérix 8 (dont 5 nés en captivité).

Ces établissements sont régulièrement dans le viseur d’association de défense des animaux, et des plaintes ont été déposées contre le Marineland d’Antibes pour « cruauté envers les animaux ».

De 1,1 à 5,5 millions de dollars de revenus

Selon les calculs de World Animal Protection, un dauphin en captivité rapporterait entre 1,1 et 5,5 millions de dollars de revenus. Les parcs de loisirs proposent généralement plusieurs types d’animation avec les dauphins : spectacles d’acrobaties, nage en leur compagnie, selfies, « delphinothérapie »… À un rythme qui met dans certains cas la santé de l’animal en danger.

L’association dénonce les conditions de vie des cétacés : espaces réduits, nourriture mal adaptée, promiscuité entre espèces qui parfois ne s’entendent pas… et bien sûr privation de liberté.

Il leur faut un territoire naturel de 100 km²

Elle note une évolution des législations, de plus en plus restrictives. En France, la reproduction des dauphins en captivité est interdite depuis 2017.

Les attentes des touristes évoluent également : ils sont de moins en moins en recherche d’attractions avec des animaux en captivité. World Animal Protection note que plusieurs structures adaptent leur offre, et maintiennent voire développent leur chiffre d’affaires en proposant de nouvelles attractions, sans animaux.

En attendant, l’ONG est consciente que les dauphins nés en captivité ne pourraient s’adapter à la vie sauvage. Et elle plaide pour des bassins beaucoup vastes et de meilleures conditions de vie. Un Grand dauphin a un territoire naturel de 100 km² ; l'enclos moyen d’un parc de loisirs est 77 000 fois plus petit…

Si vous voulez voir des dauphins, en liberté cette fois, ils sont nombreux sur les côtes bretonnes et normandes. Mais n’oubliez pas que l’idéal est de les laisser tranquilles…

© Ouest France

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