Pourquoi les phoques meurent par dizaines en Alaska ?

La surmortalité des phoques, sur les côtes de l’Alaska (États-Unis), observée en juin 2019, mais aussi en 2011 et en 2016, a trouvé une explication scientifique. La fonte des glaces aurait fait resurgir un virus s’apparentant à la rougeole.

2019 11 13 16h08 23© Paul DARROW / REUTERS

Des phoques retrouvés morts par dizaines. En juin 2019, les autorités américaines tiraient la sonnette d’alarme après la découverte d’au moins soixante carcasses de ces animaux marins, le long des côtes de l’Alaska (États-Unis).

Entre 2011 et 2016, les phoques avaient déjà été touchés par « un épisode de mortalité inhabituel », rappelait alors l’Administration nationale océanique et atmosphérique des États-Unis (NOAA).

Phoques, loutres de mer, otaries

Jeudi 7 novembre 2019, une vingtaine de chercheurs ont publié, dans la revue Scientific Reports, les résultats d’une étude menée sur le sujet.

Selon eux, l’émergence d’un virus proche de la rougeole (le virus de la phocine, ou « peste du phoque ») aurait contribué à décimer les mammifères marins du Pacifique Nord : phoques de différentes espèces mais aussi loutres de mer et otaries.

Des prélèvements sanguins comparés à des cartes

Les scientifiques, qui ont travaillé à partir d’échantillons sanguins prélevés entre 2001 et 2016 sur des animaux capturés ou retrouvés échoués, ont comparé les prélèvements avec les cartes de la banquise dans l’Arctique.

Les pics d’exposition et d’infection du virus ont suivi des épisodes d’importante fonte des glaces, conséquence du réchauffement climatique, écrivent-ils.

Une brèche entre Atlantique et Pacifique

Leur hypothèse est que des phoques de l’Atlantique Nord, touchés par le virus, ont pu migrer vers le Pacifique Nord, entre 2002 et 2003, en se frayant un chemin dans des eaux libres de glace du cercle polaire arctique.

« En août et septembre 2002, les phoques de l’Atlantique Nord ont connu une grave épidémie, a expliqué Tracey Goldstein, l’une des autrices, à Business Insider. À cette époque, l’étendue de la glace était aussi basse que possible, ce qui a conduit à la propagation » du virus, capable de tuer un phoque en une à deux semaines.

Tracey Goldstein estime que la peste du phoque pourrait continuer sa progression plus au sud, le long des côtes californiennes, sans pour autant franchir un jour l’équateur.

© Ouest France

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