La mystérieuse espèce d’orque

Des scientifiques ont capturé des images de la légendaire orque de «Type D». Un type d’orque rare, dont nous avons peu entendu parler et que nous avons encore moins eu la possibilité d’observer et d’étudier, vient d’être aperçue à l’état sauvage dans les eaux glacées du cap Horn, à la pointe sud du Chili.

Orques epaulard typed 750x400Des orques de type D. © J.P. Sylvestre

Au fil des ans, des preuves d’orques de type D (aussi connues sous le nom d’orque subantarctique) ont été recueillies sporadiquement. Notamment par le biais de photographies de touristes, de contes de pêcheurs, ou encore de la découverte d’un spécimen échoué sur la plage de Paraparaumu, en Nouvelle-Zélande, en 1955.

Ces observations ont constitué la base d’un document publié en 2010 et décrivant ce groupe distinct.

Puis, en 2015, les chercheurs ont réussi à obtenir le premier enregistrement vidéo connu de ces orques. Mais des scientifiques de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), à bord du navire de recherche Australis, se sont suffisamment rapprochés des orques pour prélever trois échantillons de tissus.

Des échantillons de tissus ainsi que des dents prélevées sur des orques échouées en 1955, ont été analysés. Les résultats de ces analyses ont montré que le type D est génétiquement distinct des trois autres types d’orques connus et qu’il a divergé par rapport à d’autres orques, il y a environ 390’000 ans.

Si les échantillons de tissus des orques du Cap Horn correspondent à ceux des orques de la plage de Paraparaumu, nous pourrions en apprendre davantage sur ces animaux mystérieux.

«Nous sommes très enthousiasmés par les analyses génétiques à venir. Les épaulards de type D pourraient être les plus grands animaux non décrits sur la planète, et indiquer clairement que nous en savons très peu sur la vie dans nos océans», a déclaré Bob Pitman, écologiste marin du Southwest Fisheries Science Center de la NOAA Fisheries, qui effectue des recherches sur les orques depuis plus de 14 ans.

De toutes les orques qui existent, le type D est le plus distinct de tous. Elles possèdent un front bulbeux (semblable à celui des globicéphales), une nageoire plus étroite et pointue, des dents plus petites et des taches blanches plus petites derrière les yeux.

Ces individus vivent également dans des eaux extrêmement inhospitalières : soit dans les mers turbulentes et glaciales situées juste à l’extérieur du cercle antarctique. C’est pour cette raison que les chercheurs ont proposé «épaulard ou orque subantarctique» comme nom commun.

Mais les autres types d’orques sont également distinctes les unes des autres.

En effet, le type A est le plus grand, vit en eaux libres et se nourrit principalement de petits rorquals.

Le type B est un peu plus petit, un peu plus gris, avec une tache blanche plus large, se nourrissant principalement de phoques.

Le type C quant à lui, est le plus petit, avec une tache oculaire oblique, une couleur grisâtre et se nourrissant principalement de morue polaire.

Orques types© Albino.orca/Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0

Tous ces types pourraient être des sous-espèces, voire des espèces distinctes. Mais pour le moment, toutes les orques sont décrites sous une seule espèce, Orcinus orca.

À présent, les chercheurs possèdent une véritable mine d’informations à traiter ! En effet, il y a les échantillons de tissus (recueillis avec un carreau d’arbalète qui ne nuit pas aux animaux) à analyser.

Les chercheurs possèdent également des séquences vidéo, prises à la fois au-dessus et en dessous de la surface de l’eau, qui pourraient aider à étudier les comportements sociaux de ces orques. De plus, les scientifiques possèdent des enregistrements de leurs communications.

Depuis 2008, l’Union internationale pour la conservation de la nature a noté que «la taxonomie de ce genre a clairement besoin d’être réexaminée et il est probable que O. orca sera scindée en un certain nombre d’espèces différentes ou tout au moins de sous-espèces au cours des prochaines années».

Depuis, cette note a été supprimée de leur site internet, mais peut être que cette découverte incitera des chercheurs à s’y intéresser de plus près !

Stéphanie SCHMIDT - © Trust my Science

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