Le bien-être de la faune sauvage captive (?)

Le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, a annoncé la création d'un groupe de travail sur le bien-être de la faune sauvage captive. Les premiers résultats de cette réflexion devraient être connus en juillet 2019.

R4x3w1000 5cc2daac527a3 000 8u69hDes dauphins lors d'une représentation à Marineland. © Valery HACHE / AFP

Selon un sondage paru en février 2019, les Français estiment qu'Emmanuel Macron délaisse la protection animale. Une annonce de son ministre de la Transition écologique et solidaire, va peut-être calmer le jeu. "François de Rugy lance un groupe de travail sur le bien-être de la faune sauvage captive dans l'objectif d'adopter une vingtaine de mesures prioritaires à l'été 2019", indique un communiqué du ministère.

4 filières dans le viseur du groupe de travail

Le groupe est composé de 17 acteurs socio-professionnels, de 17 associations, d'experts scientifiques et de parlementaires. Ces membres auront pour objectif de travailler sur la prise en compte du bien-être animal dans les parcs zoologiques mais aussi les delphinariums, les cirques et les élevages d'animaux pour la production de fourrure.

Le défi est de taille : selon la Fondation 30 millions d'amis, 67% des Français ne veulent plus voir d'animaux sauvages dans les cirques et 64% sont favorables à l'interdiction des delphinariums.

Quant à l'élevage d'animaux pour leur fourrure, là encore la pratique est de plus en plus décriée. "Plus de 9 Français sur 10 (91 %) s'opposent au commerce de la fourrure", précisait l'association.

Pendant les prochaines semaines, les membres du groupe "se réuniront à échéance régulière afin de travailler ensemble sur les possibles évolutions à mettre en œuvre au sein de chacune des 4 filières", poursuit le communiqué.

Un bilan de ces réflexions sera établi en juillet 2019 conduisant normalement à la prise d'une série de mesures par le ministre. Celles-ci devraient "améliorer les pratiques ou rehausser les réglementations existantes aux fins d'une meilleure prise en compte des facteurs qui conditionnent le bien-être animal non domestique".

Un débat qui s'annonce tendu

Plusieurs associations ont déjà réagit à cette annonce, certaines d'entre elles participant même aux discussions.

La Fondation 30 millions d'amis a indiqué dans un tweet, espérer "que les mesures politiques seront à la hauteur" des attentes et des demandes.

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La Fondation Brigitte Bardot - qui participe au débat - a écrit, avant le lancement du groupe de travail que "François de Rugy ne souhaitant pas rejoindre les pays européens ayant banni l'exploitation des animaux dans les cirques, les élevages pour la fourrure... la France pourrait ne pas rattraper son retard dans une UE qui avance !".

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Si le ministre a précisé dans son discours sur le sujet qu'il souhaitait "un dialogue constructif et respectueux", les avis tranchés des différents acteurs pourraient en décider autrement...

De son côté, le député Loïc Dombreval, président du groupe d'étude la condition animale à l'Assemblée nationale assure que ce thème est toujours méprisé par les politiques. Il participe également aux discussions qui se dérouleront pendant plusieurs semaines.

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Les premiers résultats, voire les premières mesures, devraient être dévoilés dans trois mois selon le calendrier défini par le ministre.

Anne-Sophie TASSART - © Sciences et Avenir

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