Le requin-pèlerin fait son retour en Californie

Bonne nouvelle pour le requin-pèlerin. Au large de la côte ouest des États-Unis, les observations de spécimens de cette espèce en danger d’extinction sont en hausse. Plaisanciers et scientifiques n’avaient jamais vu autant de ces énormes poissons depuis des décennies dans la région.

Image 1024 1024 10812191 2Le requin-pèlerin est imposant mais totalement inoffensif pour l’homme. Photo d’illustration © Greg SKOMAL / NOAA Fisheries Service / Wikimédia Commons

Dans les eaux du sud de la Californie, le requin-pèlerin revient. Les observations de spécimens du deuxième plus grand poisson du monde sont à la hausse, au large de la côte ouest des États-Unis.

Depuis la mi-avril, certains marins ou croisiéristes rapportent avoir vu «des groupes de dix à vingt requins» au large de la ville de Santa Barbara, au nord de Los Angeles, indique le quotidien américain The Los Angeles Times. Cela n’était plus arrivé depuis des décennies, selon le quotidien britannique The Guardian.

C’est une bonne nouvelle, pour ce squale gigantesque mais totalement inoffensif pour l’homme. Pouvant mesurer jusqu’à 12 mètres de long et peser 4 tonnes, le requin-pèlerin se nourrit en filtrant l’eau.

Chassé et pêché

Entre les années 1900 et 1950, les requins-pèlerins auraient été des centaines, peut-être même des milliers au large de la côte ouest des États-Unis, explique Heidi Dewar, une chercheuse en biologie de l’Administration nationale océanique et atmosphérique américaine (NOAA), au Los Angeles Times.

Mais au début des années 1960, il est devenu très rare d’observer des requins-pèlerins dans la région. Le squale était pêché pour ses ailerons ou son foie. Le gouvernement canadien avait également lancé une campagne d’éradication, le squale interférant avec les activités de pêche au saumon, indique le Guardian.

Résultat, aujourd’hui, ce requin figure sur la Liste rouge mondiale des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), dans la catégorie «espèces en danger d’extinction».

Une tendance «porteuse d’espoir»

Les chercheurs interrogés par le Los Angeles Times n’expliquent pas vraiment ce «retour» du requin-pèlerin en Californie, l’espèce étant largement méconnue des scientifiques.

Image 1024 1024 10812192Les scientifiques ne s’expliquent pas vraiment pourquoi ce poisson est réapparu au large des côtes californiennes. © rossbeane / Wikimédia Commons / CC BY-SA 2.0

Le réchauffement des océans pourrait avoir fait migrer des requins-pèlerins qui vivaient dans des eaux plus tempérées en direction du nord, dit Elliott Hazen, un chercheur de la NOAA au quotidien américain.

Et même si cette tendance est «porteuse d’espoir», il est «trop tôt pour dire si la hausse de ces signalements est le reflet d’une augmentation de la population» de requins-pèlerins, ajoute Heidi Dewar au Guardian.

Chris Lowe, le directeur d’un laboratoire de recherche sur les requins à l’Université d’État de Californie à Long Beach, va dans le même sens. Il se dit lui «prudemment optimiste».

Chris Lowe conclut auprès du Guardian en alertant sur les menaces qui pèsent sur les requins-pèlerins, notamment la présence de plastique dans les océans.

Dans les eaux françaises aussi

Le requin-pèlerin n’est pas seulement présent en Amérique du Nord. L’immense squale croise aussi au large du Brésil, du nord-ouest de l’Afrique, et… dans les eaux françaises, indique le site de l’Association pour l’étude et la conservation des sélaciens (Apecs), basée à Brest. Le requin-pèlerin est notamment présent au large de la Bretagne ou en Méditerranée.

L’Apecs invite d’ailleurs les plongeurs, les plaisanciers ou encore les kayakistes à signaler la présence de requins-pèlerins grâce à une fiche d’observation.

© Ouest France

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