Antarctique : le déclin du gorfou doré et du cachalot

Le gorfou doré et le grand cachalot sont présents en Antarctique, cette région non habitée (mise à part les stations de recherche) mais qui constitue le 6ème continent.

P04cqqbp 1Gorfou doré © Naturepl.com/Suzi ESZTERHAS

À Paris, des représentants d'environ 130 États se sont regroupés afin de discuter d'un rapport d'évaluation mondial sur la biodiversité. L'IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques).

À cette occasion, Sciences et Avenir met en lumière des espèces animales endémiques de chaque continent. Aujourd'hui, coup de projecteur sur l'Antarctique avec le gorfou doré (Eudyptes chrysolophus) et le grand cachalot (Physeter macrocephalus).

Les gorfous dorés et la difficile explication de leur déclin

Cover r4x3w1000 5ccc58519301f sipa rex40174566 000005Des gorfous dorés. © Andy ROUSE / Rex Featur/REX/SIPA

Le gorfou doré, également appelé gorfou macaroni, est présent dans de nombreuses régions dont l'Antarctique. Cette espèce classée comme vulnérable par l'UICN fait face depuis peu de temps à un déclin qui pourrait s'expliquer par le changement climatique notamment avec la modification de leur habitat ou la perturbation de leur succès reproducteur mais cela reste incertain.

Ces animaux entrent également en compétition pour la nourriture avec les otaries à fourrure particulièrement en Géorgie du Sud, ce qui pourrait aussi contribuer à leur déclin. "L'augmentation des populations d'otaries pourrait également bloquer l'accès aux sites de reproduction, inhibant ainsi la croissance des colonies comme démontré sur l'île Bouvet", note l'UICN.

Ces animaux - notamment les plus jeunes - sont également des proies de choix pour certaines espèces d'oiseaux.

L'humain a bien sûr sa part de responsabilité : les gorfous dorés se retrouvent piégés dans les filets des pêcheurs dont l'activité réduit la quantité de nourriture disponible pour l'espèce, dont le krill. "Les impacts humains peuvent potentiellement inclurent les perturbations liées au tourisme, aux scientifiques notamment la construction de nouvelles installations de recherche", souligne l'UICN.

Le plus : Ces pingouins sont de bons plongeurs : ils cherchent généralement leur proie à "une profondeur modérée", moins de 50 mètres ce qui n'est tout de même pas négligeable.

Le grand cachalot, longtemps victime des baleiniers

W453 102375 sipa superstock45432080 000001© SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Malheureusement, les grands cachalots ne font généralement pas la une pour de bonnes raisons.

Novembre 2018 : l'un d'entre eux s'échoue en Indonésie après avoir avalé près de 6 kilos de plastique.

Avril 2019 : une femelle s'échoue en Italie après en avoir avalé 22 kilos. Présents dans de nombreuses régions du globe, dont au large de l'Antarctique, cette espèce a longtemps été chassée.

Désormais, ces cétacés doivent faire face à d'autres menaces comme les prises accidentelles notamment dans les filets maillants ou encore les collisions avec les navires.

La présence de contaminants a été détectée dans leurs tissus mais les effets éventuels sur la santé sont pour le moment inconnus de même que la pollution sonore des fonds marins.

Si la tendance globale suivie par l'espèce est ignorée, il semblerait que "quelques populations régionales de cachalots déclinent ou tout du moins, n'arrivent pas à récupérer" de la longue période de chasse, selon l'UICN.

C'est notamment le cas de celle - composée surtout de mâles - de l'Antarctique. L'espèce reste globalement vulnérable.

Le plus : Le grand cachalot est connu pour être capable de plonger à 2000 mètres de profondeur. Mais il est possible qu'il puisse aller en réalité à plus de 3000 mètres.

Anne-Sophie TASSART – © Sciences et Avenir

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