L'île grecque de Lipsi: 1er sanctuaire pour dauphins captifs

À Lipsi, une île grecque proche des côtes turques, une ONG de protection de la faune marine a fondé le premier sanctuaire permanent pour les dauphins sauvés de la captivité. L’initiative s’inscrit dans un programme plus global visant à mettre fin à l’exploitation des dauphins dans les zoos.

8631dbbc 3998 4d61 8cef ccd876181ee3 jpegCapture écran © Archipelagos Institute

D’après les chiffres officiels, près de 3000 dauphins sont retenus captifs dans le monde : zoos, aquariums, parcs marins… Pour divertir les visiteurs, les dauphins y sont contraints d’effectuer des numéros contre-nature dans des conditions souvent plus que discutables (enclos minuscules, maltraitance).

En Grèce, l’Archipelagos Institute of Marine Conservation lutte pour interdire l’exploitation des dauphins et des autres cétacés dans les parcs animaliers. Après des années de travail pour obtenir les autorisations et le financement, l’un de leurs projets phares va enfin prendre forme : le premier sanctuaire permettant la remise en semi-liberté des dauphins sauvés de la captivité.

Ce sanctuaire unique au monde a été installé sur une baie du nord de l’île de Lipsi, en pleine mer Égée, et sera opérationnel dès 2020.

En quoi ce refuge est-il unique ? À l’heure actuelle, d’un point de vue juridique, il est possible d’interdire la capture, l’exploitation et la reproduction de cétacés dans les parcs aquatiques (le Canada est le dernier pays à avoir légiféré sur le sujet).

Certains pays appliquent quant à eux une réglementation tellement stricte que les parcs aquatiques ont été contraints de mettre la clé sous la porte (Royaume-Uni, Brésil, Nicaragua…). En 2013, l’Inde a prohibé les delphinariums en reconnaissant les dauphins comme «personnes non humaines». Problème : le droit maritime international interdit de relâcher en pleine mer les animaux qui vivaient en captivité.

Voilà pourquoi il est nécessaire de créer des sanctuaires où les dauphins sauvés de la captivité pourront évoluer en semi-liberté, tout en restant sous la vigilance des vétérinaires et des soigneurs.

À terme, l’ONG souhaite que le refuge fasse office d’intermédiaire entre la captivité et la liberté, afin que les dauphins puissent se réadapter à la vie en dehors des cages (notamment en retrouvant leur instinct de chasse).

Le sanctuaire accueillera également des dauphins blessés en convalescence, mais aussi d’autres espèces marines comme les tortues et les phoques. L’ONG espère que son refuge pourra servir de référence et de modèle pour d’autres sanctuaires ailleurs dans le monde.

En attendant, elle continue à interpeller les gouvernements pour demander l’interdiction des delphinariums : chez les dauphins (comme chez les autres animaux), la captivité engendre beaucoup de stress et peut provoquer des comportements anormaux et agressifs, des maladies et une mort prématurée.

D’après les chiffres avancés par l’ONG, l’espérance de vie moyenne des dauphins est de 30 à 50 ans dans la nature… contre environ 12 ans en captivité.

Marie PRIVÉ - © GEO

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