L'Islande ne chassera aucune baleine cet été

L'Islande avait déjà annoncé qu'elle abandonnait la chasse au rorqual commun au début du mois. Et voilà qu'elle vient de renoncer à celle des petits rorquals. Une première depuis 2002.

Cet été, rorquals communs (Balaenoptera physalus) et petits rorquals (ou baleines de Minke, Balaenoptera acutorostrata) pourront évoluer sans crainte au large de l'Islande. Pour la première fois en 17 ans, Reykjavík ne s'attaquera à aucun cétacé, les deux principales compagnies baleinières ayant jeté l'éponge.

Début juin, c'est Hvalur hf, l'unique entreprise à harponner le rorqual commun, qui avait révélé ne pas avoir obtenu à temps les permis délivrés par le ministère islandais de la Pêche et de l’Agriculture. Ce jeudi, c'est le PDG d'IP Útgerð ehf., Gunnar Bergmann Jonsson, qui a renoncé à s'en prendre aux petits rorquals. Pas assez rentable.

Du fait de l'extension d'une zone côtière interdite de pêche, "nous devons aller plus loin des côtes pour chasser la baleine de Minke et c'est plus coûteux", a-t-il expliqué à l'AFP. Pour répondre à la (pourtant très faible) demande (principalement du fait de quelques touristes), il importera de la viande de Minke norvégienne, a-t-il fait savoir au média RÚV. Il envisage de reprendre la traque au petit rorqual au printemps prochain.

2019 06 29 17h12 16

Un coup de bluff

L'Islande reste, avec la Norvège, le seul pays à ne pas respecter le moratoire mis en place en 1986 par la Commission baleinière internationale (CBI). Ainsi, en 2018, 145 rorquals communs et six baleines de Minke ont été tués.

En février 2019, le ministère de la Pêche a même relevé les quotas et autorisé les compagnies nationales à abattre chaque année 209 rorquals communs et 217 petits rorquals d'ici à 2023, soit 2130 cétacés en cinq ans. Des chiffres qui peuvent paraître impressionnants sur le papier, mais qui relèvent davantage du coup de bluff.

"Rien ne sert de les pointer du doigt et de les mettre au ban de la communauté internationale, nous disait alors Patrick Ramage, en charge de la conservation du milieu marin au sein du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW).

Comme les Norvégiens et les Japonais (qui ont quitté la CBI, ndlr), les Islandais ont fait de la baleine une question de souveraineté. Je suis certain que face aux arguments économiques et scientifiques – rappelons que les baleines jouent un rôle majeur dans l'équilibre de l'écosystème marin –, ils s'apercevront que ça n'a plus aucun sens et cesseront d'eux-mêmes cette activité dans les années à venir."

Léia SANTACROCE - © GEO

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