Un inquiétant iceberg géant erre en Antarctique

Il fait soixante fois la taille de Paris. L’iceberg A-68, surnommé «Runaway iceberg» (l’iceberg fugitif), s’est détaché de la barrière de glace «Larsen C» en Antarctique en juillet 2017. Et il commence doucement à se balader…

Image 1024 1024 7179948L’iceberg A-68, vu de côté, il mesurerait près de 5 800 kilomètres carrés. © Nathan Kurtz/NASA

Sa date de naissance se situe entre le 10 et 12 juillet 2017, il pèse environ un billion de tonnes et couvre 5 800 km². L’iceberg A-68 s’est détaché depuis plus d’un an déjà de la barrière de glace Larsen C en Antarctique, mais il est encore difficile de connaître les conséquences de ce phénomène.

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Une surprise pour les scientifiques

En novembre 2017, des scientifiques de la Nasa ont pu observer directement ce bloc de glace. Kathryn Hansen qui travaille pour l’Earth Observatory (l’observatoire de la Terre), de l’agence spatiale américaine témoigne : « Je savais que je verrais un iceberg de la taille du Delaware (État des États-Unis N.D.L.R.), mais je n’étais pas préparée à découvrir ce à quoi cela ressemblerait depuis les airs. »

Ce qui rend A-68 si surprenant c’est sa largeur. Il s’agit du plus gros iceberg jamais observé. «La plupart des icebergs que j’ai vus étaient relativement petits et en un bloc […]. Pas celui-ci. A-68 est tellement étendu, on dirait qu’il fait encore partie de la barrière de glace.» Malheureusement, l’iceberg s’est bel et bien décroché.

Image 1024 1024 7179950À droite, le bord de Larsen C, la barrière de glace en Antarctique, à gauche l’iceberg A-68. © Nathan Kurtz/NASA

Une nouvelle trajectoire

Il était plutôt statique au début. Pendant treize mois, A-68 remuait surtout d’avant en arrière. Dernièrement, il semble adopter une nouvelle trajectoire du fait de la rotation de 90 degrés qu’il a effectuée. Mais en raison de sa taille, l’iceberg se déplace relativement lentement. Il est aujourd’hui poussé par les courants vers le nord, et pourrait donc remonter vers le continent.

Il devrait probablement se casser et se dissoudre sur son chemin, mais impossible de savoir combien de temps prendra le processus. Pour la plupart des icebergs, il suffit de plusieurs années mais les plus résistants peuvent tenir quelques décennies.

Même si l’iceberg est immanquable, les bateaux dans la région doivent rester vigilants pour éviter un nouveau Titanic.

Et si A-68 ne risque pas de faire augmenter le niveau des océans, il nous rappelle combien la barrière Antarctique est fragile. Larsen C pourrait continuer de diminuer, et là, en revanche, le phénomène serait très inquiétant pour la montée des eaux…

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