Total autorisé à forer près des récifs coralliens

Avec la bénédiction du gouvernement, le préfet de Guyane vient d’autoriser Total à forer dans les eaux guyanaises. Ces forages auront lieu à quelques kilomètres d’un écosystème unique et vulnérable : le Récif de l’Amazone.

Gp0stqhboLe récif de l'Amazone. © Greenpeace

«Cette décision est incompréhensible. Entre fuites d’hydrocarbures, boues de forage toxiques et marée noire, les risques de pollution liés aux forages sont nombreux [1]. Ce projet menace autant les populations côtières que la faune et la flore de la région,» explique Edina Ifticene, chargée de campagne Océans à Greenpeace France.

Compte tenu des menaces qui pèsent sur la biodiversité guyanaise (mangrove, cétacés, lamantins, tortue luth etc.), Greenpeace France est atterrée par la validation expéditive dont a bénéficié Total. Malgré l’ampleur du projet, la consultation publique, qui a pourtant connu un taux record d’avis négatifs, n’a jamais été accompagnée d’un débat public [2].

Autre point qui aurait dû alerter le préfet de Guyane : dans le rapport qui lui a été remis, les commissaires-enquêteurs reconnaissent leur manque d’expertise technique sur les forages en eaux profondes, ce qui ne leur permet pas de rendre un avis critique sur les réponses de Total [3]. Dans de telles conditions, comment justifier un permis délivré dans la précipitation ? Cela pose question sur la sincérité de la politique environnementale et climatique française.

«Moins d’un mois après la publication du rapport du GIEC, la France autorise Total à forer en Guyane. Derrière les beaux discours, notre pays continue à privilégier les intérêts des industries les plus polluantes au détriment de l’intérêt général. Entre La Mède et Guyane Maritime, on est en droit de se demander si Total ne dicte pas la politique climatique française. Total profite encore une fois des incohérences du gouvernement,» conclut Edina Ifticene.

[1] Une expédition menée par Greenpeace au printemps 2018 a apporté la preuve que le Récif de l’Amazone s’étend jusqu’en Guyane : https://www.greenpeace.fr/espace-presse/greenpeace-annonce-presence-recif-de-lamazone-eaux-guyanaises/

[2] Au cours d’une consultation publique, entre le 16 juillet et le 23 août derniers, sur 7 183 avis, «un record en matière d’enquête publique en Guyane» selon la commission, 7 173 avis s’étaient montrés défavorables à ces forages en mer pour 8 avis non définis et 2 favorables.

Note de Greenpeace France publiée en juillet 2018 sur les risques du projet Guyane Maritime : https://cdn.greenpeace.fr/site/uploads/2018/07/Contribution-Greenpeace-France-Enqu%C3%AAte-publique-Guyane-Maritime-TOTAL-EP-Guyane.pdf?_ga=2.82226322.520895775.1540203307-1989101024.1530001735

[3] Page 25 du rapport remis au préfet, la commission d’enquête explique : “N’étant pas des spécialistes des fuites d’hydrocarbures, les membres de la commission d’enquête ne peuvent qu’accepter cette réponse de TE&PGF” http://www.guyane.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_et_conclusions_commission_d_enquete.pdf

© Greenpeace France - https://www.greenpeace.fr/espace-presse/guyane-maritime-total-sachete-guyane/

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