Pacifique: découverte d’une bactérie mangeuse de CO2

En explorant la Zone de fracture de Clarion-Clipperton dans le nord-est de l’océan Pacifique, des scientifiques britanniques ont découvert une bactérie consommatrice de dioxyde de carbone. Elle est potentiellement une source d’alimentation pour les animaux des grands fonds marins.

Image 1024 1024 8212697Photo d’illustration. ©  Corinne Bourbeillon

Nous savions déjà que les océans produisent près de 50 % de l’oxygène que nous respirons. Mais ce n’est pas tout : ces immenses étendues bleues abritent aussi une bactérie qui absorbe le CO2. Ce sont des chercheurs de l’université Heriot-Watt d’Édimbourg (Royaume-Uni) qui ont fait cette découverte, présentée dans un article datant de vendredi 16 novembre et publié dans le journal scientifique Limnology and Oceanography.

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Les scientifiques étudiaient les écosystèmes de la Zone de fracture de Clarion-Clipperton (CCFZ), correspondant à une immense faille géologique sous-marine de l’océan Pacifique, à environ 4.000 m de profondeur, rapporte Newsweek. Le site présentant un potentiel d’exploitation minière en haute mer (il recèlerait des nodules polymétalliques contenant notamment du nickel et du cuivre), des études sont menées pour évaluer l’impact que pourrait avoir cette exploitation sur la biodiversité.

Une source de nourriture

Les chercheurs, dirigés par Andrew Sweetman, ont effectué une série d’expériences sur les sédiments situés dans la CCFZ. C’est là qu’ils ont trouvé une bactérie consommatrice de CO2.

«Nous avons découvert que les bactéries benthiques [qui vivent au fond de l’eau l’eau, NdlR] absorbent de grandes quantités de dioxyde de carbone et l’assimilent dans leur biomasse par un processus inconnu, explique le groupe de scientifiques dans un communiqué. Leur biomasse devient alors potentiellement une source de nourriture pour d’autres animaux des grands fonds marins. Il s’agit en fait d’une source de nourriture alternative potentielle, dans les parties les plus profondes de l’océan, où nous pensions qu’il n’y en avait pas.»

En effet, avant cette étude, les chercheurs pensaient que la plus grande source de biomasse du fond marin était la matière organique, comme les poissons morts et le plancton.

Si l’on rapportait ces résultats à l’échelle des océans du globe, cela pourrait signifier que 200 millions de tonnes de CO2 seraient ainsi transformées en biomasse chaque année.

Attendre avant une activité minière

Pour les chercheurs, il faut effectuer davantage de recherches sur le sujet avant de lancer toute activité minière.

Andrew Sweetman a expliqué à Newsweek que «l’exploitation minière en haute mer peut avoir un impact significatif sur les micro-organismes du fond marin qui éliminent activement le CO2. Si une quantité importante de CO2 est éliminée chaque année par les communautés microbiennes dans les zones minières, l’exploitation minière peut affecter par inadvertance d’importants services écosystémiques en haute mer.»

De nombreux points doivent encore être éclaircis, précise Andrew Sweetman. «Nous ne savons pas encore d’où vient l’énergie nécessaire à la fixation du CO2 et quels micro-organismes fixent le carbone dans leur biomasse.»

Une fois ces mystères résolus, les chercheurs interrogeront «les données disponibles sur la diversité microbienne dans les grands fonds marins pour évaluer où ce processus se produit dans l’océan».

© Ouest France - https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/39076/reader/reader.html?utm_source=neolane_of-eds_newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=lienarticle&utm_content=20181123&vid=1355552#!preferred/1/package/39076/pub/56602/page/7

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