Échec de la création d’un sanctuaire marin en Antarctique

La Commission de conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) a échoué, lors de sa conférence, qui s’est achevée début novembre à Hobart, en Tasmanie, à créer un vaste sanctuaire dans l’océan Antarctique.

Sanctuaire 1L’échec de la CCAMLR intervient alors que les scientifiques ont déploré la disparition de colonies entières de manchots. © DR

Malgré les efforts conjugués des scientifiques, des ONG, des gouvernements favorables au renforcement des mesures de préservation de l’océan Austral, et alors que ce projet était soutenu par 22 des 25 membres de la CCAMLR et plus de 2,7 millions de personnes dans le monde, aucune nouvelle réserve naturelle ne devrait être créée.

La réunion de la CCAMLR s'est terminée sans un accord sur trois nouvelles aires marines protégées – en Antarctique oriental, dans la mer de Weddell et dans la péninsule antarctique occidentale – rejetant la création d’une immense zone océanique de l'Antarctique d’une superficie de 1,8 million de km2 , cinq fois plus grande que l'Allemagne, qui offrirait une protection «aux manchots, aux épaulards, aux phoques léopards et aux rorquals bleus».

Russie, Chine et Norvège font blocage

Mais qui dit sanctuaire dit eaux protégées et limitation de la pêche commerciale et des autres activités humaines comme l’exploitation du fond marin ou le forage de pétrole.

La Russie, la Chine et la Norvège ne l’entendent pas ainsi et ont bloqué le processus de création. Et ce, alors que les scientifiques ont clairement souligné la nécessité de créer des sanctuaires marins sur au moins 30 % de la surface des océans d’ici à 2030, afin de protéger la faune, d’assurer la sécurité alimentaire pour des milliards de personnes et de lutter contre le changement climatique.

Laura Meller, conseillère pour Greenpeace sur les pôles, souligne la responsabilité de ces trois états : «En 2009, la commission avait approuvé le mandat de créer un réseau de sanctuaires, mais depuis, les efforts diplomatiques semblent porter davantage sur le développement des pêcheries que sur la conservation. Si des organes tels que la CCAMLR continuent d’échouer dans leur mandat de protéger l’océan, ils ne pourront plus faire partie de la solution. Nous devons alors nous pencher sur les négociations historiques en cours à l’Onu en vue d’un traité international sur les océans.»

Les membres continueront néanmoins de travailler pendant la période d'intersession sur les propositions de ces aires marines protégées avant d'être examinées à nouveau à la réunion de l'année prochaine, a déclaré la CCAMLR dans son communiqué de clôture vendredi.

Mélanie CHARTIER - © Le Marin - http://www.lemarin.fr/secteurs-activites/environnement/32771-antarctique-echec-de-creation-dun-sanctuaire

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