Découverte d’une colonie de 700 baleines bleues

Des scientifiques américains viennent de mettre en évidence la présence d’un groupe de baleines, dans les eaux de la Nouvelle-Zélande. Des cétacés d’exception, génétiquement différents de ceux des eaux voisines.

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Les baleines bleues sont en danger critique d’extinction. © NOAA Photo Library/Flickr/Kobac

Un groupe de 718 baleines bleues a été identifié par les équipes scientifiques de l’Institut des mammifères marins de l’État d’Oregon (ouest des États-Unis), en Nouvelle-Zélande. Dans une étude, publiée dans la revue Endangered species research, et rapportée par le journal britannique The Independent, le Dr Leigh Torres dévoile les détails de cette découverte surprenante.

Tout part d’une étude sismique, en 2011, au cours de laquelle les scientifiques découvrent, par hasard, neuf baleines bleues. Vient ensuite l’intuition de la chercheuse : si la présence de baleines bleues est avérée depuis longtemps dans les eaux qui entourent la Nouvelle-Zélande, Leigh Torres a été la première à suggérer que la baie South Taranaki Bight pourrait héberger, à l’année, des spécimens.

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La zone de vie des baleines, dans la baie de Taranaki, correspond à la zone concernée par un projet minier. © Ouest-France

En 2014, une expédition de dix jours met en évidence la présence de 50 baleines sur les lieux. Restait à déterminer si celles-ci n’étaient que de passage, en migration, ou s’il s’agissait là de leur habitat marin. Il a fallu trois ans pour le découvrir.

À l’écoute du chant des baleines

Les chercheurs ont disposé cinq hydrophones dans les fonds marins de la baie, à l’écoute du chant des baleines durant deux ans : «À aucun moment, nous n’avons entendu les appels de baleines venues d’Australie. Uniquement ceux des Néo-Zélandaises, qui vivaient localement», et ce 99,7 % des jours de l’année 2016.

En comparant leurs milliers de photos prises, en menant des biopsies (prélèvement de tissus), sur les mammifères, l’équipe de chercheurs a découvert qu’elles sont «génétiquement distinctes des autres populations de baleines bleues». Les baleines étudiées, un peu plus petites (22 mètres de long) que leurs cousines (de 28 à 30 mètres) sont «au moins 718, bien que nous ne soyons pas certains de leur nombre total», précise l’étude.

Gaz, pétrole et minerais

Un trésor inestimable de la nature qui pourrait être mis en danger par les imposants projets sous-marins sur le point d’être développés dans les mêmes eaux. Le gouvernement néo-zélandais a autorisé, en août dernier, divers projets de forages des fonds marins, pour y récupérer du fer dans le sable.

La société Trans-Tasman Resources Limited (TTR) prévoit de collecter des milliards de tonnes de sable (à raison de 8.000 tonnes de l’heure, jusqu’à 50 millions de tonnes chaque année), sur plus de 6.000 ha. D’en extraire argent, zircon ou titane, puis de remettre 90 % du sable collecté à sa place originelle. 300 à 1.600 emplois et 600 millions de dollars d’investissement seraient à la clé. 80 millions d’euros ont déjà été investis par la TTR. L’essentiel du fer recueilli serait exporté vers la Chine, pour y être transformé en acier.

Feu vert pour les industriels

Selon le directeur de l’Autorité de protection de l’environnement (EPA, instance gouvernementale), Alan Freeth, cité par le quotidien New-Zealand Herald, 100 % de la faune marine vivant dans le sable concerné serait détruite. L’instance, qui a pourtant donné son aval au projet en août dernier, table sur un retour de la biodiversité à moyen-long terme.

Soulevant les protestations et manifestions de milliers de personnes, de nombreuses associations et entités de protection de la nature, le dossier, gelé pour le moment, s’est retrouvé devant la Haute Cour de justice néo-zélandaise, le 16 avril dernier. Une décision est attendue pour cet été.

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Une baleine bleue et son baleineau. © Oregonstate.edu

Des mammifères en danger

Les chercheurs de l’université américaine annoncent qu’ils vont «travailler étroitement avec les industriels du pays, pour leur faire comprendre ce que nous faisons et ce que nous ignorons encore de cette population de baleines bleues. Ceci afin qu’ils appliquent les meilleurs pratiques possibles, pour minimiser l’impact des exploitations industrielles».

Les scientifiques annoncent poursuivre leurs recherches sur les cétacés, et continuer à analyser la masse de données recueillies. En juillet, ils retourneront en Nouvelle-Zélande afin d’y rencontrer les responsables politiques et représentants de l’industrie. L’ensemble de leurs travaux sera présenté à la commission internationale sur les baleines. Selon le statut de conservation de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), les baleines bleues sont considérées en danger critique d’extinction.

Fabrice BERNAY - © Ouest France - https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/24734/reader/reader.html#!preferred/1/package/24734/pub/35569/page/5

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