Une nouvelle aire marine protégée au large de la Gaspésie

Une nouvelle aire marine protégée verra le jour au large de la Gaspésie à la suite d’une entente bilatérale entre Québec et Ottawa pour l'établissement d'un réseau d'aires marines protégées (AMP) au Québec, dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent.

Gaspesie 2

Le Banc-des-Américains, une élévation sous-marine de 1 000 kilomètres carrés située au large de la pointe est de la Gaspésie, abrite de nombreuses espèces et constitue une aire d'alimentation pour les oiseaux de mer, les baleines noires et les rorquals bleus, ces deux dernières espèces étant en voie de disparition.

Cette AMP possédera un double statut, soit celui de réserve aquatique au Québec et celui de zone de protection marine en vertu de la Loi sur les océans.

Ce protocole, annoncé par les ministres Isabelle Melançon et Diane Lebouthillier, respectivement ministre québécoise du Développement durable, de l'environnement et de la lutte aux changements climatiques et ministre fédérale du Revenu national et députée de Gaspésie—Les Îles-de-la-Madeleine, survient vingt ans après la création de la première AMP au Québec, le parc marin du Saguenay—Saint-Laurent.

«Il s’agit d’un coup d’envoi pour compléter le réseau québécois d’aires marines protégées, mais il n’y a plus de temps à perdre, prévient Sophie Paradis, directrice du WWF-Canada au Québec. Les menaces qui pèsent sur le milieu marin s’accentuent, ses écosystèmes sont fragiles et précieux, et doivent être protégés.»

Les milieux marins et les océans font en effet face à plusieurs menaces, telles que l’augmentation de la température de l’eau, les espèces exotiques envahissantes, la pollution plastique et sonore ainsi que le trafic maritime croissant.

Protéger 10 % des milieux marins québécois d’ici 2020

L'Entente de collaboration Canada-Québec, signée conjointement par les deux gouvernements, permettra à la province d’avancer plus rapidement vers l’atteinte de son objectif visant à protéger 10 % de ses milieux marins d’ici 2020. D'autres zones protégées, situées notamment aux Iles-de-la-Madeleine et dans l'estuaire du Saint-Laurent, devraient donc s’ajouter à celle du Banc-des-Américains.

«Les espèces ont besoin de refuges pour se nourrir, se reposer, se reproduire ou encore mettre bas. Les communautés côtières ont aussi besoin de milieux riches et en santé pour maintenir leur économie locale. Et que dire des trois millions de Québecois.es qui s’approvisionnent en eau potable grâce au fleuve Saint-Laurent? Le fleuve coule dans nos veines, protégeons-le», ajoute Sophie Paradis.

Tant au Québec qu’en Nouvelle-Écosse et en Colombie-Britannique, le WWF-Canada travaille avec plusieurs universités pour connaître les meilleures pratiques en conservation de la nature. «En raison de l’impact des changements climatiques, il est important que le Québec se dote d’une protection de son milieu qui soit dynamique et souple, c’est-à-dire d’une protection dont les frontières seront à réévaluer puis à adapter aux réalités et changements des écosystèmes affectés par les changements climatiques — et non pas d’une protection traditionnelle qui ne tienne pas compte des mouvements de la nature face à ces réalités climatiques. Nous détenons les connaissances et les outils pour créer un réseau résilient, qui bénéficiera à la nature et aux communautés locales», poursuit Mme Paradis.

Quoi faire?

Pour tenter d’améliorer la qualité de l’eau, chaque année des dizaines de milliers de citoyens agissent contre la pollution des rivages et des cours d’eau en participant au Grand nettoyage des rivages canadiens, une série annuelle d’événements organisés par l’Aquarium de Vancouver et le WWF-Canada.

Depuis 2003, plus de 400 000 participants ont ainsi retiré près d’un million de kilos de déchets de nos rivages, d’un océan à l’autre.

«Le plastique est partout, même chez nous au Québec. Nos bénévoles ramassent énormément de petits bouts de plastique et de polystyrène, des pailles, des fils de pêche, des emballages alimentaires, des mégots de cigarette, etc. Si certains de ces items représentent un danger d’enchevêtrement pour la faune, d’autres sont ingérés et entrent ainsi dans toute la chaîne alimentaire», se désole Sophie Paradis.

Cependant, l’action citoyenne contribue beaucoup à celle des scientifiques et organisations écologiques, et c’est pourquoi il faut continuer le travail. «Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons renverser la donne. En jogging ou sur le bord d’un lac, vous pouvez ramasser les déchets et faire votre part», ajoute Mme Paradis.

WWF Canada - © Metro - http://journalmetro.com/article-commandite/?prx_t=quQDAHqMmAB0ANA&prx_ro=s

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