L’aquaculture, une menace pour la sécurité alimentaire

90 % de poissons comestibles sont transformés en farine pour l’alimentation de l'aquaculture qui fournit désormais 50 % du poisson consommé dans le monde : une menace pour la sécurité alimentaire... et la biodiversité.

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Des anchois. © Jean-Marie GOYHENEX / SIPA

Sardines, anchois, sprats, krill et autres «poissons fourrage»… Ces animaux situés au bas de la chaîne alimentaire servent trop souvent à alimenter des poissons d’élevage (saumon, cabillaud, daurade, etc.), mais aussi des porcs ou des poulets, menaçant la sécurité alimentaire de populations côtières qui s’en nourrissent… ainsi que celle de certaines espèces (phoques, baleines, ours…)

Dans un rapport intitulé Le côté obscur de l’aquaculture, l’ONG Bloom dénonce cette industrie intensive, alors qu’entre «1950 et 2013, 25 % des captures de poissons dans le monde (…) ont été réduites en farine et en huile». Soit 20 % des captures mondiales.

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Contraire au Code de conduite pour une pêche responsable

Pourtant, «90 % des espèces ciblées pour être réduites en farines sont comestibles, c’est ça l’aspect le plus scandaleux et problématique» de la pêche minotière, souligne Claire Nouvian, présidente de Bloom. D’autant qu'«il faut quatre kilos de poisson sauvage pour faire un kilo de poisson d’élevage».

Les volumes pêchés sont donc «absolument phénoménaux» pour alimenter une aquaculture qui fournit désormais 50 % du poisson consommé dans le monde (9,8 kg par an et par habitant en 2012).

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© Bloom Association

Selon Bloom, l’aquaculture est la principale utilisatrice des farines de poisson (environ 57 % de la production mondiale), devant l’élevage de porcs (22 %), le secteur avicole (14 %), le reste étant utilisé pour l’alimentation d’animaux domestiques ou de visons. «Ça devient un business plan», déplore l’ONG selon qui tout le cycle de la pêche minotière est contraire au Code de conduite pour une pêche responsable établi par l’ONU.

Un Code qui stipule notamment que «la transformation en farine et huile de petits poissons pélagiques de qualité alimentaire doit être limitée aux espèces non consommables».

L’ONG préconise également une «aquaculture intégrée»

L’ONG recommande d’interdire la certification «pêche durable» pour la pêche minotière, de s’attaquer à la surcapacité de pêche et de fabriquer des farines protéinées à partir d’insectes plutôt que de poissons.

Elle préconise également une «aquaculture intégrée», sur le modèle de celle pratiquée il y a des milliers d’années en Chine. Dans ce système, les poissons se nourrissent des déchets de l’agriculture et fertilisent eux-mêmes les plantes en libérant des nutriments.

© 20 minutes - https://www.20minutes.fr/planete/2014215-20170214-aquaculture-ong-bloom-denonce-transformation-90-poissons-comestibles-farine

Pour en savoir plus sur la pêche minotière : http://www.bloomassociation.org/dossier-peche-minotiere/

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