Le marsouin du Yangtsé ne serait pas vraiment un marsouin

Selon les chercheurs, ces marsouins ont quitté les océans et leurs congénères marins il y a environ 5.000 à 40.000 ans et "se sont rapidement adaptés à leur nouvel environnement".

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Marsouin du Yangsté, Chine © CHINE NOUVELLE/SIPA

Le marsouin du Yangtsé - un animal en danger d'extinction qui vit uniquement en Chine dans le fleuve éponyme - se distingue des autres marsouins par son amour de l'eau douce.

Une préférence rendue possible par des adaptations génétiques spécifiques qui lui vaudraient d'être considéré comme un espèce distincte, selon une étude parue le 10 avril 2018 dans la revue Nature communications. Ces marsouins d'eau douce présentent "des adaptations génétiques uniques" et "ne se reproduisent pas avec les populations marines apparentées", explique à l'AFP Rasmus Nielsen de l'Université de Californie à Berkeley (Etats-Unis), co-auteur de l'article.

Il n'en reste plus que 1.000

Selon les chercheurs qui s'appuient sur l'étude du génome d'une cinquantaine de marsouins différents, ces particularités font du marsouin du Yangtsé, une espèce à part.

Les variantes génétiques qu'ils ont mis en lumière sont notamment liées à la fonction rénale (au transport de l'urée et à la régulation du sodium dans le sang).

Selon les chercheurs, ces marsouins ont quitté les océans et leurs congénères marins il y a environ 5.000 à 40.000 ans et "se sont rapidement adaptés à leur nouvel environnement".

Munis d'une tête ronde au front protubérant mais sans bec, ces marsouins sont en danger. "Menacés par l'industrialisation croissante de la région du fleuve, ils ne sont plus que 1.000", précise le chercheur *.

Ce sont les derniers cétacés du fleuve Yangtsé après l'extinction du dauphin de Chine, victime d'une pollution dévastatrice, de la pêche illégale et du trafic fluvial.

© AFP / 2018

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