Faut-il bannir la crème solaire ?

Chaque année, 4.000 à 6.000 tonnes de crème solaire sont rejetées dans l’océan, détruisant les récifs coralliens. Faut-il choisir la protection de l’environnement ou celle de sa peau ?

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Photo d’illustration © Fotolia

Si votre crème solaire vous protège des effets nocifs du soleil, sa composition représente une véritable menace pour les océans, notamment les récifs coralliens. C’est la raison pour laquelle Hawaï va interdire ces produits, à partir de janvier 2021. Le projet de loi prévoit de bannir ceux contenant de l’oxbenzone et l’octinoxate.

Ces deux substances chimiques s’avèrent en effet très dévastatrices pour les récifs coralliens et les espèces marines, selon une étude parue en 2015 dans la revue américaine Archives of Environmental Contamination and Toxicology. L’étude avait démontré que ces substances endommagent l’ADN des coraux et agissent comme un perturbateur endocrinien entraînant la mort des récifs, déjà fortement affectés par le réchauffement climatique.

Outre les coraux, les crèmes solaires ont aussi un impact sur le milieu marin dans son ensemble, perturbant la reproduction de nombreuses espèces, sans oublier l’impact neurologique et hormonal de certains poissons.

Les bons gestes

Pour bronzer sans culpabiliser, la tentation est grande de s’orienter vers les crèmes solaires bio. D’ailleurs, les fabricants l’ont bien compris. Les gammes bio se multiplient dans les rayons des parapharmacies. Mais sont-elles aussi efficaces que les gammes classiques ? Pour le Dr Marc Perrussel, cela ne fait aucun doute : «Les crèmes doivent subir des tests européens, avant leur mise en marché, qui vont déterminer leur indice. Que la crème soit bio ou non, une crème indice 50 est donc une crème indice 50.»

Le dermatologue rappelle néanmoins que «ce qui fait l’efficacité d’une crème, c’est la quantité appliquée». Et autant l’avouer tout de suite, nous sommes nombreux à ne pas être assez généreux au moment de se passer de la crème…

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Photo d’illustration © Phovoir

Il est préconisé de mettre l’équivalent du creux de la main sur le visage, et autant sur chaque partie du corps, matin, midi et après-midi. «Si vous appliquez la bonne quantité, un tube ne doit pas durer plus d’une semaine si vous vous exposez tous les jours», affirme le médecin.

Une quantité phénoménale lorsqu’on a conscience de l’impact sur les océans. Ce sont déjà 14.000 tonnes de produits solaires qui sont libérés chaque année. Alors doit-on faire un choix entre l’environnement et la protection de sa peau ? La réponse est non. Il ne faut pas négliger les dangers des UVA et des UVB. Ces derniers sont responsables à 90 % des cancers de la peau.

«Mais l’intérêt des crèmes solaires est de protéger du soleil et pas de se baigner avec, ironise le médecin. Dans certains pays comme en Australie, les habitants ont pris l’habitude de se baigner habillés.» Et pour le reste du temps, il vaut mieux éviter les situations où le corps est exposé au soleil de façon excessive.

Le mieux est donc de réduire son temps d’exposition au soleil et se protéger de façon mécanique. Cet été, on reste à l’ombre et on adopte chapeau, lunettes et vêtements couvrants !

Anne-Claire LOAËC - © Ouest France - https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/28079/reader/reader.html?utm_source=neolane_of-eds_newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=lienarticle&utm_content=20180802#!preferred/1/package/28079/pub/40684/page/4

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