300 000 saumons se font la malle dans le Pacifique

Plus de 300 000 saumons d’élevage de la compagnie d’aquaculture Cooke dans l’État de Washington (États-Unis), ont pris la fuite vers l’océan Pacifique ! Selon l’entreprise une «défaillance structurelle» aurait causé l’évasion de ses milliers de poissons. Les pêcheurs sont inquiets car les fugitifs en cavale sont une véritable menace pour les autres espèces.

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© Ouest France (archives)

La grande évasion a eu lieu le 19 août dans des bassins de la ferme piscicole de la compagnie canadienne Cooke Aquaculture Pacific, située près de l’île de Cypress dans l’État de Washington. Les 305 000 poissons se sont échappés dans les eaux du Pacifique après que leur enclos s’est subitement effondré. Comme une envie d’explorer de nouveaux horizons et de nouvelles marées, les saumons n’ont pas hésité à prendre le large !

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© Ouest France

L’entreprise responsable estime que l’incident est exceptionnel. Elle met en cause les conditions météorologiques de la région.

«Des marées hautes inhabituelles»

La ferme piscicole de l’État de Washington a subi les dégâts liés à la montée des eaux. Mécontent, le propriétaire de la pisciculture a déclaré à la presse locale que « les fortes marées et les courants sont en grande partie responsables de l’effondrement ».

La vitesse des courants a été évaluée à 6,5 km/h, assez impressionnant dans cette région. Les marées ont été tellement importantes que les employés de la compagnie ne pouvaient pas rester sur place.

La compagnie blâme également un autre facteur naturel : l’éclipse solaire, qui a eu lieu la même semaine. Selon eux, «la fuite des saumons et cette éclipse, ça ne peut pas être une coïncidence».

La société Cooke Aquaculture Pacific, qui a racheté cette ferme piscicole ajoute que la structure était déjà fragilisée. Elle a été construite il y a trentaine d’année et des travaux devaient être faits en urgence pour stabiliser ses filets.

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Voici l’état de la ferme piscicole de la compagnie Cooke Aquaculture Pacific dans l’État de Washington, après le passage des marées. © DR CBC News

La chasse au saumon est lancée !

Cette entreprise élevait des saumons de l’Atlantique (salmo salar), dans les eaux du Pacifique… pas étonnant que les poissons ne se sentaient pas à leur place. Et même si l’incident a eu lieu aux États-Unis, le gouvernement canadien surveille de près les eaux de la Colombie-Britannique.

Terry Beech, secrétaire parlementaire auprès du ministre des Pêches, des océans et de la garde côtière canadienne, prend cette fuite de saumon très au sérieux. Les pêcheurs de la région se sont mobilisés pour attraper au plus vite ces milliers de saumons, véritable menace pour les autres espèces.

Une espèce invasive pouvant peser plus de 40 kg !

Image 1024 1024 1634686Les opposants à l’élevage du saumon de l’Atlantique par Cooke Aquaculture Pacific se sont rassemblés ce mercredi, devant les bureaux du ministère des Pêches et des océans à Vancouver. (Photo DR : Farrah Merali / CBC)

«C’est une dévastation !» Cette famille de pêcheurs du coin, de bons connaisseurs de la faune et la flore de la région, est effondrée, rapporte le quotidien britannique The Gardian. Ce saumon de l’Atlantique est une espèce envahissante et «peut atteindre la taille d’un mètre et demi à l’âge adulte et peser une quarantaine de kilogrammes», selon le professeur William Cheung de l’Institut britannique pour les océans et la pêche.

Ces géants sont, selon lui, «susceptibles de s’en prendre aux réserves de nourriture des saumons locaux ce qui pourrait mener à la perte d’une partie de l’écosystème marin du Pacifique».

La grande évasion des 305 000 saumons suscite des inquiétudes auprès des pêcheurs, mais pas seulement. Des opposants à la ferme piscicole de Cooke Aquaculture Pacific appellent au rassemblement afin de manifester contre l’élevage d’espèces en provenance de l’Atlantique.

L’ensemble de l’équipage de la ferme de Washington est sur place et tente de stabiliser les filets et structures endommagées. Le but étant de récupérer autant de poissons que possible.

Orlane DURIMEL - © Ouest-France - https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/5353/reader/reader.html?utm_source=neolane_of-eds_newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=lienarticle&utm_content=20170824#!preferred/1/package/5353/pub/7372/page/6

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