Le mystère des pieuvres qui rampent sur les plages

Une vingtaine de pieuvres blanches ont été vues en train de ramper sur les plages du comté de Ceredigion, au Pays de Galles. Un phénomène très rare qui étonne la population et les scientifiques.

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Le matin, plusieurs pieuvres ont été retrouvées, échouées sur la plage. © SeaMôr Dolphin Watching Boat Trips New Quay/Facebook)

Dans la soirée du vendredi 27 octobre, Brett Jones, le propriétaire d’une entreprise de tourisme, revenait d’une excursion avec un groupe de voyageurs lorsqu’ils ont fait une étonnante découverte. «Des pieuvres sortaient de l’eau et rampaient sur la plage, mais nous ne savons pas vraiment pourquoi», a-t-il à Wales Online.

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Ce soir-là, plus de vingt céphalopodes étaient, semble-t-il, sortis de l’eau pour s’aventurer sur les plages de New Quay au Pays de Galles, un phénomène extrêmement rare. «Ils marchaient sur le bout de leurs tentacules. J’ai vécu ici toute ma vie, et je n’ai jamais rien vu de tel auparavant», confiait Brett Jones.

«Ce récit d’un tel nombre [de pieuvres] sur une même plage est assez étrange», déclare au Telegraph James Wright, conservateur au National Marine Aquarium de Plymouth. Selon plusieurs témoignages d’habitants locaux, relayés par Brett Jones et James Wright, d’autres pieuvres ont été aperçues le long des côtes galloises tout le long du week-end.

«Ce n’est pas fréquent de les trouver là. J’ai bien peur que cela signifie quelque chose ne tourne pas rond pour elles», précise le conservateur au journal britannique.

La faute aux ouragans ?

Vulnérables une fois sur terre, les pieuvres blanches (Eledone cirrhosa), de nature assez solitaire, restent habituellement à plusieurs dizaines de mètres sous l’eau, dans les fonds marins. «Elles se cachent parfois dans les rochers, à quelques mètres sous la surface. Nous avons essayé de les remettre à l’eau, mais nous en avons retrouvé plusieurs mortes sur la place le matin», ajoute Brett Jones, dans le Telegraph.

Dotées de branchies, les pieuvres blanches ne peuvent respirer que sous l’eau. Alors pourquoi se sont-elles aventurées sur la plage et échouées sur le sable ?

«Comme les zones où elles ont présenté cet étrange comportement coïncident avec les deux zones touchées par les ouragans Ophelia et Brian, on pourrait imaginer que ceux-ci les ont affectées», suppose Wright. Les tempêtes qui ont frappé les côtes irlandaises et galloises étaient particulièrement puissantes, mais difficile de dire si ce sont elles qui ont pu «transporter» les pieuvres sur la côte.

«Ces animaux vivent au fond de l’eau. Ils peuvent être soumis à des courants mais ne vont pas se déplacer sur la terre ferme», explique Dominique Barthélémy, conservateur adjoint d’Océanopolis à Brest, en charge du milieu vivant, que nous avons contacté. Étonné, il affirme ne «jamais avoir eu connaissance d’un tel cas».

Le mystère des pieuvres galloises reste donc entier… «Il y a des choses que l’on n’explique pas, et cela en fait partie», conclut-il.

Clément BOLANO - © Ouest-France - https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/12013/reader/reader.html#!preferred/1/package/12013/pub/17175/page/4

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