Aux îles Cook, des poissons sortent de la mer

La peur d’être mangé est bonne conseillère… Selon des chercheurs australiens, c’est par crainte d’être boulottés que des anguilles de roche vivant dans les îles Cook sortent progressivement de la mer. Une théorie qui expliquerait les lointaines origines aquatiques de l’homme.

Image 1024 1024 255404

Les anguilles de roche se fondent avec leur environnement. (Photo : Chris Fulton/Australian National University)

L’homme descend du singe, c’est aujourd’hui établi. Mais, selon la théorie de l’origine évolutive de l’homme, nos ancêtres les plus lointains étaient des formes simples, proches de ce que nous appelons aujourd’hui des bactéries. Elles auraient ensuite évolué vers des formes plus complexes : cellules animales hétérotrophes (qui doivent trouver leur nourriture), vers, poissons, tétrapodes (vertébrés avec deux paires d’appendices), mammifères, primates, grands singes, etc.

Quand et comment le poisson a-t-il réussi à développer un poumon ? Comment les nageoires se sont-elles progressivement transformées en membres : pattes, doigts ? Bref, comment et pourquoi les poissons, que nous fûmes, ont-ils été amenés à ramper sur la terre ferme, il y a environ 400 millions d’années ? Autant de questions qui demeurent sujettes à débat.

Pour tenter d’y répondre, des scientifiques de l’université de Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, ont entrepris d’étudier plusieurs espèces d’anguille de roche (blenny fish en anglais), un poisson vivant dans les eaux de Rarotonga, la plus grande des quinze îles Cook, situées en plein milieu de l’océan Pacifique.

Faux poissons en plastique

Ces poissons au dos dentelé vivent ordinairement dans des «piscines» creusées dans des rochers. L’équipe du Dr Terry Ord a mis en évidence qu’à la marée montante, ils sautaient littéralement sur les rochers, pour se protéger des prédateurs comme les rascasses et les plies.

Pour valider leur théorie, les chercheurs australiens ont immergé, à la marée montante, de faux poissons en plastique. Le résultat est éloquent : les fakes ont été retrouvés lardés de piqûres et de morsures. Certes, le danger existe aussi sur la terre ferme, notamment des attaques d’oiseaux, mais, selon les scientifiques, le risque serait trois fois moins élevé que dans l’eau.

Les anguilles de roche ont tranquillement commencé leur mutation. Déjà, ces poissons pondent des œufs dans les trous creusés dans les rochers, tout en maintenant leur régime alimentaire à base d’algues et de bactéries. Certaines espèces d’anguilles de roche ont, en outre, développé des ailerons de queue très puissants qui leur permettent de se propulser toujours plus loin.

Pour Terry Ord, l’évolution des espèces a donc été contrainte par la nécessité d’échapper aux prédateurs. «Si vous ne regardez jamais à travers la clôture, vous ne saurez jamais que l’herbe est plus verte, observe-t-il. En revanche, si vous êtes contraints d’aller de l’autre côté pour échapper à quelque chose, vous réaliserez alors les avantages qu’il y a à y rester et à vous adapter.» CQFD.

Arnaud Bélier - © Ouest-France - http://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/960/reader/reader.html?utm_source=neolane_of-eds_newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=lienarticle&utm_content=20170320#!preferred/1/package/960/pub/961/page/16

Ajouter un commentaire