Cet asticot va-t-il sauver les océans ?

La pollution par le plastique menace la vie de centaines d’espèces marines. Un petit animal pourrait s’avérer très utile pour les sauver : une larve capable de dévorer le polyéthylène, matière plastique très résistante. Les scientifiques sont pleins d’espoir.

Image 1024 1024 265611

Cette larve qui sert habituellement d’appât pour la pêche aurait des vertus méconnues de biodégradation du plastique. (Photo : DR)

Et si une petite larve aidait à lutter contre la pollution des déchets en plastique ? C’est l’espoir qui monte au sein de la communauté scientifique, après la découverte des vertus méconnues d’une petite larve, capable d’avoir un effet biodégradant sur la matière plastique.

L’auteure de cette découverte est Federica Bertocchini, chercheuse au Centre espagnol de la recherche nationale (CSIC). Elle a étudié la fausse teigne de la cire, un papillon très répandu.

De grands espoirs pour la recherche

La Galleria mellonella (nom scientifique de la larve) est élevée dans un but commercial pour servir d’appât pour la pêche. À l’état sauvage, c’est un parasite que l’on retrouve dans les ruches, et qui se niche dans la cire d’abeille partout en Europe.

La scientifique étant apicultrice, elle a réalisé que lorsqu’elle remplissait des sacs plastique de cire d’abeille infectée par ce parasite, les sacs étaient rapidement criblés de trous.

D’autres observations au Royaume-Uni tendent à confirmer cette découverte : des sacs en plastique remplis de centaines de larves commençaient à céder face aux attaques incessantes des petites bêtes au bout d’une heure.

Les auteurs de cette découverte pensent également que la larve n’ingère pas seulement le plastique mais qu’elle le transforme ou le brise chimiquement grâce à une substance produite dans ses glandes salivaires.

Désormais, les scientifiques étudient le processus de décomposition à l’intérieur de la larve et cherchent à isoler l’enzyme responsable de ce dernier. «S’il s’agit d’une simple enzyme, on pourra alors la fabriquer à une échelle industrielle grâce à la biotechnologie, estime Paolo Bombeli, de l’Université de Cambridge, au Royaume-Uni.  Cette découverte pourrait être un outil important pour éliminer les déchets de plastique polyéthylène qui s’accumulent dans les décharges et les océans», espère-t-il.

Une dégradation naturelle très longue

Image 1024 1024 265612

Les sacs plastique polluent la nature et notamment les océans, menaçant de nombreuses espèces animales. (© Fotolia)

Tous les ans, on estime que 1 000 milliards de sacs plastique sont utilisés dans le monde. Chaque personne en utiliserait en moyenne 230, conduisant à produire plus de 100 000 tonnes de déchets... Aujourd’hui le processus de dégradation chimique de cette matière dure plusieurs mois et produit des rejets très corrosifs, comme l’acide nitrique.

S’ils sont laissés dans la nature, les sacs plastique peuvent prendre un siècle pour se décomposer entièrement. Cette durée peut aller jusqu’à 400 ans pour les sacs en matière résistante telle que le polyéthylène.

«Les déchets plastique sont un problème environnemental mondial, surtout le polyéthylène, particulièrement résistant et qui se dégrade très difficilement naturellement», confirme la chercheuse espagnole, qui fonde également de gros espoirs sur le petit asticot dont elle vient de révéler l’énorme potentiel.

Bruno Alvarez - © Ouest France - https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/1002/reader/reader.html?utm_source=neolane_of-eds_newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=lienarticle&utm_content=20170425#!preferred/1/package/1002/pub/1004/page/11

Ajouter un commentaire