Invasion d’étoiles de mer dans l’estuaire de la Vilaine

Les étoiles pullulent par millions dans l’estuaire de la Vilaine, à Pénestin, dans le Morbihan. Elles dévorent frénétiquement les moules de bouchot et la coquille Saint-Jacques n’est pas non plus épargnée. La raison ? Le réchauffement climatique et des hivers très secs.

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© Ouest France

C’est la crise chez les conchyliculteurs de Pénestin. Des milliers, voire des millions d’étoiles de mer grignotent sauvagement la production de moules. Les hommes, quasi impuissants face à cette prolifération sans précédent, ne peuvent que constater le désastre.

«Sur trois mètres de poteaux, il ne reste plus qu’un mètre de moules à ramasser», explique, dépité, Bruno Evain, référent du projet anti-étoiles de mer du syndicat conchylicole de Pénestin.

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La raison : le réchauffement climatique et des hivers très secs. «Le phénomène empire chaque année depuis trois ans. Les étoiles n’aiment pas l’eau froide ni l’eau douce. En temps normal, elles sont chassées au large, l’hiver, par les lâchers d’eau du barrage d’Arzal. Mais nous avons eu des saisons particulièrement sèches et douces. Elles s’installent désormais à l’année dans l’estuaire de la Vilaine et pondent leurs œufs en janvier et février, soit 500 000 par étoile… Le fond de nos concessions en est maculé.»

Plus de 3 millions d’étoiles ramassées

Voilà plusieurs mois que ces éleveurs des mers se battent. «On a tout essayé. Dragage, ramassage à la main en plongée, mise en place de filets protecteurs… Mais rien n’y fait.»

Malgré cela, le syndicat a développé un plan anti-étoiles de mer. Les quatre chalutiers détachés pendant deux mois ont permis d’extraire plus de 3 millions d’individus soit 98 tonnes ! Objectif de la saison prochaine : 300 tonnes. «On espère que cela aura un impact en 2018, mais pour cette année, on estime les pertes à 50 % voire 60 %.»

Image 1024 1024 468623Quelque 98 tonnes ont été ramassées cette année, dans l’estuaire de la Vilaine. © Ouest-France

Mais que faire de toutes ces étoiles ? «Elles ont été envoyées dans différents sites de valorisation. Le but est d’en faire du compost. Mais pour le moment, l’expérience n’est pas très concluante.» D’autres pistes sont envisagées : alimentation animale, compléments alimentaires et même biotechnologie.

La saison des moules dure de juillet à mi-novembre. En septembre tout sera bouclé. «Cela a un impact sur toute la filière. On embauchera moins de saisonniers, les commandes de matériels sont revues à la baisse et, bien sûr, pour minimiser la perte, le prix des moules augmentera.»

Une demande de subventions a été faite pour financer 60 % du plan d’action. L’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) est alerté et la Région a confié une étude à une jeune scientifique, Élisa Teisseire : «La prolifération des étoiles touche également l’activité des pêcheurs de coquilles Saint-Jacques. On en retrouve en baie de Concarneau et de Quiberon, aux Glénan, dans la rade de Brest et aussi en Charente-Maritime.»

Guillaume Sauzer - © Ouest France - https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/1185/reader/reader.html?utm_source=neolane_of-eds_newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=lienarticle&utm_content=20170602#!preferred/1/package/1185/pub/1191/page/9

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