Pêche illégale : l’accord international entre en vigueur

Le 5 juin entrera en vigueur l’accord international contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), sur les mesures de l’État du port. La FAO (organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) place beaucoup d’espoirs dans cet instrument adopté en 2009, qui va renforcer les contrôles des navires de pêche.

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Ailerons de requins au Costa Rica, pays signataire de l’accord. En gênant le débarquement de captures illégales, il devrait rendre difficile l’entrée de ces produits sur le marché et avoir un effet dissuasif. (Photo : DR)

Cet accord a enfin atteint le seuil requis de 30 signataires ayant déposé leurs instruments d’adhésion : 29 pays et l’Union européenne*. Ils représentent plus de 62 % des importations de poisson dans le monde, et 49 % des exportations. La pêche INN est estimée jusqu’à 26 millions de tonnes annuelles, pour 23 milliards de dollars. «En refusant aux pêcheurs peu scrupuleux l’accès aux ports et aux marchés, cet accord va conduire l’industrie des produits de la mer vers une plus grande durabilité et entraîner des effets tout du long de la chaîne d’approvisionnement», se félicite José Graziano da Silva, directeur général de la FAO. Il exhorte davantage de pays à ratifier le traité.

Les pays signataires doivent désigner des ports spécifiques pour les navires étrangers, facilitant leur contrôle. Ces navires doivent notamment demander à l’avance la permission d’accoster, en fournissant des informations aux autorités locales sur le poisson détenu à bord, et permettre l’inspection de leur carnet de bord, licences, engins de pêche, et cargaison réelle. Les signataires doivent aussi refuser l’entrée à des navires impliqués dans la pêche INN, ou les inspecter et prendre les mesures nécessaires. Et diffuser l’information les concernant. Ces dispositions s’appliquent même pour un simple ravitaillement.

La FAO lance une série d’initiatives nationales, régionales et interrégionales, y compris un programme mondial, pour développer les capacités de mise en œuvre de l’accord, en particulier dans les pays en développement et les petits États insulaires, dans les zones de pêche très attractives.

* Signataires : Australie, Barbade, Chili, Costa Rica, Cuba, Dominique, Union européenne, Gabon, Guinée Bissau, Guyana, Islande, Maurice, Mozambique, Myanmar, Nouvelle-Zélande, Norvège, Oman, Palau, République de Corée, Saint-Kitts-et-Nevis, Seychelles, Somalie, Afrique du Sud, Sri Lanka, Soudan, Thaïlande, Tonga, États-Unis, Uruguay et Vanuatu.

© Le Marin

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