L'Expédition Thon 2016 touche à sa fin

Nous avons récolté : 25 DCP 92 bouées 23 balises 180 mètres de filet 327 mètres de corde C’est loin d’être le bilan complet des opérations, mais ces quelques chiffres sont là pour rappeler à Thai Union et aux marques du groupe que nous sommes largement en mesure de documenter les pratiques de pêche désastreuses qu’ils utilisent pour remplir leurs boîtes de thon.

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© Greenpeace

En six semaines, la mobilisation a battu son plein en mer et à terre. Si vous pensez avoir manqué un épisode, voici les principaux événements, à travers le monde, de ces six dernières semaines de campagne.  En France, nos militants n’ont pas chômé ! Après avoir organisé des activités de sensibilisation un peu partout en France, ils se sont mobilisés lors d’un maraThon de XX heures pour vider les rayons des supermarchés des boîtes de thon Petit Navire. Cette activité s’est simultanément déroulée en Grande-Bretagne, en Italie et aux États-Unis.

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© Greenpeace

Quelques jours plus tard, les activistes ont pris le relais de la mobilisation et ont repeint le logo de Petit Navire sur la façade de son usine à Douarnenez, pendant que d’autres bloquaient tous les accès aux camions de livraison. Au final, nous sommes aujourd’hui plus de 111 000 à avoir écrit au Directeur général de Petit Navire, Amaury Dutreil, ainsi qu’à son directeur qualité, Sylvain Cuperlier.

En Grande-Bretagne, Greenpeace a connu une avancée significative concernant le marché du thon en boîte. En effet, Tesco, la première enseigne de distribution en Grande-Bretagne, a annoncé publiquement qu’elle ne vendrait plus de produits John West (marque sœur de Petit Navire) tant que la marque continuerait à se fournir en thon pêché avec des dispositif de concentration de poissons (DCP). Suite à cela, c’est une autre enseigne britannique, Waitrose, qui a suivi les traces de Tesco. À quand l’annonce de Sainsbury ?

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© Greenpeace

Au Canada, Greenpeace continue à faire pression sur Walmart pour que l’enseigne de grande distribution cesse de se fournir en thon auprès de Thai Union. Dans le même temps, une jolie victoire d’étape a été obtenue après cinq ans de travail acharné : Ocean’s, la deuxième plus grosse marque de thon canadienne, s’est engagée à ne s’approvisionner qu’en thon pêché à la canne ou sans DCP d’ici 2017 (pour la bonite et le thon albacore).

En Nouvelle-Zélande, Greenpeace a bloqué pendant plus de 10 heures une usine de production Whiskas. Mars, propriétaire de Whiskas, s’approvisionne en thon auprès de Thai Union en ce qui concerne l’alimentation des animaux domestiques. Par cette action, les activistes ont dénoncé les conditions de travail et les méthodes de pêche employées par les bateaux qui fournissent Thai Union.

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© Greenpeace

En Thaïlande, une projection a mis en lumière notre message en demandant à Thai Union d’user de sa position de leader pour faire changer le marché du thon en boîte : « Thai Union : lead change. Stop the destruction ». Nous sommes également intervenus au Tuna Bangkok Forum, la grand-messe des industriels du thon au cours de laquelle nous avons pu constater que nos actions des dernières semaines n’étaient pas restées sans effet pour le secteur.

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© Greenpeace

Au cœur de l’océan Indien, nous avons exposé les pratiques dévastatrices du groupe tentaculaire Thai Union. L’Explorer II, navire appartenant à l’armateur espagnol Albacora, fournit Thai Union. Ancré sur le mont sous-marin Coco de mer, il utilise des dizaines de projecteurs qui restent allumés toute la nuit dans le but d’attirer un maximum de poissons. Les thoniers viennent ensuite piocher sauvagement dans cette ressource, sans aucune distinction d’espèces. Nous ne pouvions pas laisser l’Explorer II continuer en toute impunité.

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© Greenpeace

Dans le même temps, à La Réunion, lors du meeting de la Commission thonière de l’océan Indien (CTOI), une résolution interdisant l’usage des lampes sur les navires-support dans le but de concentrer le poisson était adoptée. Timing parfait. En revanche, sous la pression de l’Union européenne et de l’Espagne, les ambitions visant à réduire réellement le nombre de DCP ont été déçues, la limite passant de 550 à 420 DCP autorisés à bord des thoniers. C’est loin d’être à la hauteur des enjeux liés à la surpêche aujourd’hui. Par ailleurs, il a également été question de limiter les captures de thons albacores pour la senne, mais sans fixer de quota. Cela n’a pas de sens. Encore une fois, la réunion de la CTOI est passée à côté des vrais problèmes alors que de plus en plus d’États côtiers, d’armateurs et de pêcheurs artisans poussent pour un véritable changement des pratiques de pêche.

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Voici en substance ce que l’on peut retenir de ces six semaines de campagne. Un bilan plutôt fourni donc, mais aussi des bases de travail solides pour la suite de notre campagne. Grâce à votre mobilisation et à celle des militants de Greenpeace à travers le monde, nous voyons enfin frémir une industrie thonière qui jusque-là ne nous prêtait pas une oreille. Vous êtes 400 000 dans le monde à avoir interpellé les différentes marques du groupe Thai Union, et ce n’est pas pour rien dans les premiers résultats que nous voyons apparaître aujourd’hui.

Notre mobilisation ne doit pas faiblir. Nous sommes encore loin de ce que l’on peut espérer de mieux pour les écosystèmes marins et les pêcheurs artisans. Continuez à relayer nos messages et à interpeller Petit Navire sur Facebook et Twitter. Continuez à choisir le bon thon et à en parler autour de vous. Ensemble, nous allons persévérer dans la défense de pratiques de pêche respectueuses des pêcheurs et des océans.

© Greenpeace - http://oceans.greenpeace.fr/lexpedition-thon-2016-touche-a-sa-fin#.V06C4MRlq8U.twitter

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