Comment se forme une barrière de corail ?

Quelques millions d’années sont nécessaires à l’édification d’une barrière de corail, qui peut parfois atteindre jusqu’à 200 mètres de hauteur, comme en Nouvelle-Calédonie. Ces immenses barrières sont érigées “pas à pas” par les coraux, animaux minuscules appartenant à l’embranchement des cnidaires.

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Les couleurs du corail (© William Rafti of the William Rafti Institute)

Mais toutes les espèces n’en sont pas capables : seuls les scléractiniaires, également appelés coraux durs, sont les minutieux et fragiles artisans de ces magnifiques constructions.

Tout commence avec un polype mou, sorte de petite anémone au corps cylindrique et à la bouche entourée d’un anneau de tentacules, qui se fixe sur une roche ou sur de la lave solidifiée.

LE CORAIL : UN EXOSQUELETTE CALCAIRE

Il produit ensuite un exosquelette en calcaire de la forme d’une petite loge, qui lui servira de protection. Les polypes se divisent au cours du temps par bourgeonnement, mode de reproduction asexué, et forment ainsi des colonies coralliennes. Celles-ci s’agrandissent après chaque période de reproduction, construisant la barrière corallienne au fil des millénaires.

D’autres organismes comme les coquillages, les éponges ou les bryozoaires participent aussi à la construction de la barrière en ajoutant coquilles et débris calcaires. Lorsqu’une colonie meurt, les squelettes calcaires agglomérés restent, et cette structure sert éventuellement de base à la formation de nouvelles colonies. Les algues calcaires ont aussi un rôle très important à jouer dans l’élaboration des récifs coralliens en “colmatant” les squelettes abandonnés.

DES ALGUES NOURRICIÈRES

Le développement des coraux constructeurs s’effectue dans des conditions très précises : l’eau doit être limpide, bien oxygénée et sa température, comprise entre 20 et 30 °C, ne doit pas subir de variation, pas plus que le taux de salinité. En effet, les coraux ne supportent pas les “dessalures”, et c’est pour cette raison qu’on ne trouve pas de récif en face des embouchures de rivières. “Ils se situent préférentiellement en bordure de continent, autour des îles, ou plus généralement là où un relief sous-marin atteint la surface”, explique Pascale Chabanet, spécialiste des récifs coralliens à l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

La zone propice doit également être bien éclairée et peu profonde car les polypes vivent en symbiose avec des algues microscopiques : les zooxanthelles. Grâce à leur capacité de photosynthèse, celles-ci leur fournissent l’oxygène et les nutriments dont ils ont besoin. C’est par leur intermédiaire que les polypes peuvent synthétiser le calcaire qui leur sert à construire leur exosquelette.

LE BLANCHIMENT DU CORAIL

En retour, ils offrent protection et nourriture à ces symbiotes logés dans leurs cellules. Mais la moindre modification du milieu peut mettre la vie du récif en danger : si l’eau devient plus chaude par exemple, à cause du dérèglement climatique, l’association des polypes et des algues se rompt. Les zooxanthelles sont alors expulsées, et cela peut conduire à la mort des polypes : ce phénomène particulier correspond au blanchissement corallien.

Pollution et surpêche viennent s’ajouter aux facteurs qui fragilisent les barrières car les coraux se développent près du littoral, zone qui s’urbanise de plus en plus. La partie vivante de la barrière peut ainsi disparaître très rapidement, remplacée le plus souvent par des algues.

© Science & Vie

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