Méditerranée : un milieu encore fragile malgré des améliorations

Une bonne qualité des eaux côtières, conforme aux normes européennes, mais des milieux et une biodiversité encore très fragiles. C’est le bilan de la campagne 2015 de la surveillance qualité de la Méditerranée, réalisée pour mettre en œuvre les directives cadres sur l’eau et le milieu marin.

2015 0911 paysage littoral corse

Signe encourageant du bilan de la campagne 2015, la présence de nombreux poissons adultes et juvéniles dans les eaux corses. (Photo : DR)

L’Agence de l’eau, établissement public de l’État dédié à la protection de l’eau, et la direction interrégionale de la mer ont observé de multiples facteurs à la loupe : de la contamination chimique à l’état écologique des herbiers de posidonie et du coralligène, ou encore la pollution plastique.

On note ainsi une amélioration encourageante de la qualité des eaux, avec une diminution des signes de pollution par hydrocarbures et eaux sales, une amélioration du traitement des eaux usées, ainsi qu’une stabilisation des dégradations des posidonies et macroalgues. Signe de bon fonctionnement du milieu marin, la présence forte de poissons adultes et de juvéniles dans les secteurs de la Côte Bleue, des Embiez, de la plaine orientale et du littoral sud-ouest de Corse est à souligner, ce qui n’est hélas pas le cas dans les secteurs de Saint-Raphaël ou de Menton.

D’autres inquiétudes planent. Notamment concernant les mesures de contamination chimique dans la chair des mammifères ou gros poissons. Les zones de Port-la-Nouvelle, les rades de Marseille et de Toulon, le littoral niçois ou d’Antibes présentent toujours des traces de contamination par substances chimiques toxiques telles que le tributylétain, que l’on trouve dans les peintures de bateaux, l’arsenic ou les PCB. Ces polluants organiques persistants impactent particulièrement les mammifères marins de Méditerranée. Considérés comme des perturbateurs endocriniens, les PCB peuvent altérer la reproduction et la fonction thyroïdienne des grands cétacés.

L’agence de l’eau a octroyé 77 millions d'euros d’aides en 2015 pour la Méditerranée, dont 27,4 millions pour la restauration de la biodiversité.

© Le Marin

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