Bar en zone nord : le Ciem préconise un moratoire total

Les avis scientifiques du Ciem ne sont pas toujours d’une grande limpidité, mais celui sur le bar en zone nord, sorti le 30 juin, est cinglant : «Si l’approche de précaution est appliquée, il devrait y avoir zéro capture (commerciale et récréative) en 2017.» L’état du stock a empiré, déplore le Ciem, malgré les mesures drastiques déjà prises en 2015 et 2016.

Lf rungis bar pela avant restrictions

Bar de chalut pélagique à Rungis en décembre 2014, juste avant les restrictions. (Photo : Lionel Flageul)

La taille du stock des reproducteurs, en déclin depuis 2010, est passée sous la biomasse limite. La mortalité par pêche a récemment décliné, mais après des années de hausse des captures (commerciales et récréatives mélangées). Les recrutements en juvéniles sont « très pauvres » depuis 2008, décrit le Ciem. Mais, petite lueur d’espoir, le recrutement en 2013 apparaît comme le meilleur de ces dernières années.

Les captures de bar ont été réduites par des mesures d’urgence drastiques en 2015 (chalut pélagique), amplifiées en 2016 (tous métiers). Selon les projections du Ciem, si les captures de 2016 sont au niveau de celles de 2015, même avec zéro capture en 2017, le stock restera sous la biomasse limite en 2018. Et même si la pêche est finalement réduite de 30 % en 2016 par rapport à 2015, ce qui semble plausible compte tenu des mesures de gestion, le Ciem préconise tout de même un moratoire total, signalant qu’alors l’arrêt des captures en 2017 porterait le stock probablement juste au-dessus de la biomasse limite.

«Arrêt de mort ?»

L’écart entre les avis du Ciem et les captures ces dernières années : en 2014, avis selon l’approche RMD à 2 707 tonnes, captures à 2 682 tonnes (captures commerciales seules) ; en 2015, avis à 1 155 tonnes (commercial + récréatif), captures commerciales à 2 040 tonnes ; en 2016, avis à 541 tonnes (commercial + récréatif), captures encore inconnues.

En 2017, l’approche RMD laisse donc place à l’approche de précaution, avis à 0. Commentaire sur twitter de la plateforme de la petite pêche : «Après 2016 très dur pour les ligneurs, 2017 va-t-il sonner leur arrêt de mort ?»

Le Ciem pointe des incertitudes dans l’évaluation, liées aux données de capture difficiles à chiffrer, notamment à la pêche récréative, où l’on se base encore sur une estimation ponctuelle à 1 500 tonnes réalisée il y a quelques années suite à des enquêtes. Les contours de ce stock «nord» (mer du Nord centre et sud, mer d’Irlande, Manche, canal de Bristol, mer Celtique) sont aussi toujours mal connus, mais des campagnes de marquage sont en cours pour mieux cerner les populations de bar. Autre inconnue, les taux de survie des bars rejetés, forcément nombreux du fait de la taille minimale passée de 36 à 42 cm et des pourcentages limites dans les captures. Une nouvelle évaluation du bar sera conduite en 2017.

© Le Marin

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