En dix ans, la pisciculture a fait un bond en Europe… hors Union Européenne

Ces dix dernières années (de 2005 à 2014), la pisciculture française a reculé de 50 000 à 42 000 tonnes, tandis qu’à l’échelle de l’Union européenne, elle stagne quasiment, de 596 000 à 644 000 tonnes. Mais elle est montée en flèche en Norvège, en Turquie et aux Féroé, faisant grimper la production de l’Europe «élargie» de 1,4 à 2,3 millions de tonnes.

Dr provence aquacultureLa pisciculture marine française, freinée dans son développement, est davantage réputée pour sa qualité que ses volumes. (Photo : Provence Aquaculture)

Le bilan établi par la Fédération des producteurs aquacoles européens (Feap), fort intéressant, donne la production de poisson d’élevage de chaque pays européen, par année et par espèce, de 2005 à 2014, avec des graphiques éloquents. La reine de l’aquaculture en Europe est incontestablement la Norvège, hors Union, qui a doublé sa production en 10 ans et produit à elle seule 1,4 million de tonnes. Elle est suivie, mais de très loin, par la Turquie, qui elle aussi a doublé sa production amenée à 232 000 tonnes. Royaume-Uni, Grèce, îles Féroé, Espagne et Italie arrivent ensuite, devant la France qui se retrouve en 8e position.

La plus belle progression : les Féroé qui ont multiplié leur production par 4 en dix ans, misant sur le saumon. De quoi faire pâlir les pays de l’Union dont la plupart stagnent, voire régressent carrément comme la France. L’Allemagne fait pire avec une production divisée par deux suite à une chute vertigineuse en 2011.

Focus sur la France : la truite y représente 80 % de la production piscicole (34 000 tonnes sur 42 000 tonnes). On trouve ensuite un peu de carpe (3 000 tonnes), de bar (2 000 tonnes), de dorade (1 100 tonnes), tanche, maigre, saumon, esturgeon, turbot et sole.

Par espèces : la production de saumon est dominée par la Norvège (puis Royaume-Uni et Féroé). La truite et la carpe sont élevées un peu partout. Le poisson chat est une spécialité des pays de l’est (avec les Pays-Bas). L’esturgeon (pour le caviar) est produit surtout en Italie. L’anguille, dont l’élevage régresse globalement, est grossie aux Pays-Bas (suivie du Danemark et de l’Italie).

L’élevage de cabillaud en Norvège a été quasi abandonné au profit de sa pêche. Près de 150 000 tonnes de bar sont élevés avec en tête Turquie, Grèce et Espagne. Les mêmes pays produisent à peu près autant de dorade. La France n’apparaît importante que pour produire des alevins de ces espèces. Quant aux petites productions, on trouve le turbot surtout en Espagne et au Portugal, la sole en Espagne et en France et le maigre en Espagne et Italie.

Poster de la Commission européenne sur les espèces élevées en Europe (publié le 12 janvier 2016) : Poster aquaculture 2016 (2.66 Mo)

© Le Marin – L’hebdomadaire de l’économie maritime

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