Thon tropical : l’industrie espagnole s’allie au WWF

L’industrie espagnole du thon tropical et l’ONG WWF «joignent leurs forces pour améliorer la durabilité de la pêche au thon tropical», annoncent-ils ce jeudi 11 février. Ils vont militer de concert pour l’encadrement des DCP (dispositifs de concentration du poisson). Enjeu : obtenir le MSC (1).

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L’«Euskadi Alai», dernier thonier senneur de l’armement espagnol Echebastar. (Photo : DR)

D’un côté, l’Opagac (organisation de producteurs des thoniers congélateurs), qui représente 40 thoniers senneurs de sociétés espagnoles, sous divers pavillons, opérant en Atlantique, Pacifique et océan Indien*. De l’autre, le WWF. Ils lancent le projet Fip (fishery improvement project) pour  «améliorer la durabilité et la transparence des pêcheries au thon tropical sur tous les océans». Comment : en établissant un cadre de gestion et des pratiques de pêche permettant de répondre aux exigences de MSC. Avec pour objectif d’obtenir l’écolabel à l’horizon d'ici cinq ans.

«Un partenaire décisif»

En préparation à ce projet, l’Opagac a fait réaliser une étude par la société MRAG, complétée par le WWF. Ils évoquent des stocks surexploités : thon obèse (patudo) dans le Pacifique-ouest et l’Atlantique, et thon albacore dans l’océan Indien. Et ils mettent en cause l’absence de mesures efficaces par les organisations régionales de gestion des pêches (ORGP), pointant en particulier le manque d’encadrement des DCP et de la flotte palangrière, et le manque de réaction face à l’usage illégal de filets dérivants. «L’un des principaux défis de ce projet Fip est la bonne gestion des DCP», annoncent industrie et ONG, expliquant qu’ils comptent intervenir à la fois sur la sélectivité et l’ampleur de déploiement des DCP.

Julio Morón, directeur de l’Opagac, témoigne d’objectifs de durabilité partagés avec le WWF. De même José Luis García Varas, du WWF Espagne, se félicite «de travailler avec un partenaire décisif pour avancer sur la durabilité de la pêche au thon tropical».

Ce partenariat intervient alors qu’il y a peu, le WWF a empêché l’attribution du MSC pour le thon de l’armateur espagnol Echebastar pêché sur bancs libres dans l’océan Indien, à cause de l’incapacité de la commission thonière de l’océan Indien (CTOI) à garantir la durabilité de la pêcherie. Il s’agit donc de lever ces freins.

* L’Opagac, créée en 1982, regroupe 8 sociétés espagnoles : Albacora, Calvo, Garavilla, Nicra 7, Sant Yago, Europea de Túnidos, Ugavi et Tunamol, qui capturent quelque 300 000 tonnes de thon tropical.

© Le Marin – l’hebdomadaire de l’économie maritime

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