Pêche illégale : les États-Unis emboîtent le pas à l’Union européenne

Les États-Unis mettent en place un nouveau système de traçabilité pour s’assurer que les produits de la mer qu’ils importent ne sont pas issus de la pêche illégale, emboîtant ainsi le pas à l’Union européenne qui le fait depuis 2010.

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Parmi les espèces dans le viseur : plusieurs sortes de thon (ici, du thon rouge). (Photo : Lionel Flageul)

Annoncé début février, ce système est encore à l’état d’ébauche.

Les États-Unis proposent de recueillir des données sur les captures de 16 espèces particulièrement soumises à activités frauduleuses. Parmi elles : cabillaud d’Atlantique et du Pacifique, ormeau, mérou, requin, espadon, rouget et plusieurs espèces de thon et crabe. Sans réclamer de certificat comme pour le marché européen, le programme américain s’appuiera sur un partenariat entre l’industrie et le gouvernement fédéral. «Nous ne cherchons pas à obtenir des autres pays des attestations directes des origines des captures, mais demandons à l’industrie de la pêche de fournir des informations très similaires», explique John Henderschedt, de la NOAA (agence américaine océanique et atmosphérique).

Objectif : fin 2016

Rien n’est arrêté encore : «Nous demandons à l’industrie de la pêche, du commerce des produits de la mer, aux défenseurs de l’environnement et à nos partenaires internationaux de nous aider à créer un programme efficace de traçabilité», appelle Kathryn Sullivan, sous-secrétaire américaine au commerce, responsable de la NOAA. Une fois élaboré, le système sera mis à la consultation durant deux mois. Il devrait entrer en vigueur vers la fin de l’année.

L’ONG Oceana, qui avec d’autres réclamait des mesures en ce sens, se félicite de ce «premier pas pour combattre la pêche illégale et le marché frauduleux des produits de la mer». Selon la NOAA, les États-Unis importent environ 90 % de leurs produits de la mer. Or un tiers des importations serait pêché illégalement, représentant jusqu’à 2,1 milliards de dollars, selon une étude publiée en 2014 dans Marine Policy. Soit 30 % de l’offre sur le marché américain.

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