Boues rouges : emplois, pollution, chacun se renvoie la balle

Dr roussette polluee

Les pêcheurs ne veulent plus trouver de poissons pollués, comme cette roussette pêchée cette année. (Photo : DR)

Chacun a eu la parole dans le cadre de l’enquête publique ouverte jusqu’au 25 septembre sur les rejets de l’usine d’aluminium d’Alteo, au large des Bouches-du-Rhône : les partisans avancent l’argument de l’emploi, les opposants dénoncent les effets sur l’environnement.

Une réunion organisée par le commissaire enquêteur le 11 septembre a réuni à Gardanne les pro et les anti-Alteo, l’usine de production d’alumine calcinée au cœur de l’affaire des boues rouges. Il s’agit de l’autoriser ou non, à partir du 1er janvier 2016, à continuer d’évacuer en mer, au cœur du parc national des Calanques, des rejets industriels plus légers qu’actuellement.

Alteo, qui emploie 400 personnes et fait travailler 300 sous-traitants, affirme que le progrès technologique atteint satisfait pleinement aux contraintes environnementales. « Les boues rouges, c’est fini, scande Éric Duchenne, directeur des opérations d’Alteo. Le projet élimine plus de 99 % de ce qui est rejeté aujourd’hui. Nous rejetterons de l’eau avec des traces de soude et de métaux dissous comme du fer, de l’aluminium et un tout petit peu d’arsenic. »

Étude de l’Ifremer en cours

Alteo peut se prévaloir de l’avis favorable du conseil scientifique et du conseil d’administration du parc des Calanques. Et affirme, après 50 ans de rejets de boues rouges, qu’« il n’y a pas d’impact notable sur la santé, et [que] le seul impact environnemental est mécanique, ce sont les dépôts de sédiments et les avalanches liées dans le canyon de Cassidaigne ». L’Ifremer mène une étude pour confirmer ou infirmer cette assertion, à la demande de Ségolène Royal.

« L’argument de l’emploi, toujours mis en avant, ne doit pas voiler l’argument environnemental qui est une réelle préoccupation », répond Christian Molinéro, président du comité régional des pêches de Paca. Des pêcheurs ont rappelé dans un récent courrier leurs craintes de pollution aux métaux lourds des poissons, avec diffusion dans une large zone.

Alors que l’arrivée du parc des Calanques a engendré de nouvelles contraintes pour les pêcheurs (zones de non-prélèvement, autorisations limitées…), ils ne comprennent pas que les promesses faites vis-à-vis d’Alteo ne soient pas tenues. « Nous allons demander systématiquement la levée des interdictions faites aux pêcheurs. Nous refusons qu’il y ait deux poids deux mesures. »

Une nouvelle réunion publique est prévue ce mercredi 23 septembre à 18 h à l’école des Beaux-Arts de Luminy (Marseille).

© Le Marin - l’hebdomadaire de l’économie maritime

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