Sole du golfe de Gascogne : des mesures de gestion évaluées

Face au risque d’une baisse drastique du quota de sole du golfe de Gascogne, la direction des Pêches maritimes et de l’Aquaculture (DPMA) a demandé à l’Ifremer d’évaluer l’impact de mesures de gestion alternatives. Étendre l’arrêt biologique, limiter la pêche dans les nourriceries, augmenter la taille de capture ? Certaines pistes font frémir les pêcheurs.

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Une hausse de la taille de capture de la sole du golfe de Gascogne pénaliserait fort les chalutiers côtiers - (Photo : Lionel Flageul)

Les constats sur les années 2012 à 2014 montrent, d’abord, combien cette pêche est saisonnière : le premier trimestre représente 45 % des débarquements annuels, car les fileyeurs font alors un carton. Tandis que les chalutiers en pêchent régulièrement toute l’année, autour de 100 tonnes par mois entre les côtiers et ceux du large. Résultat, les fileyeurs réalisent environ les deux tiers des débarquements, plutôt de la grosse sole, alors que les chaluts à poissons, à crustacés et à céphalopodes, à maille inférieure, capturent de la plus petite sole.

Ce stock est déjà géré par un contingent de licences (les AEP, autorisations européennes de pêche), une taille minimale à 24 cm et, depuis début 2015, par un arrêt biologique pour les fileyeurs (15 jours par périodes de cinq jours consécutifs de janvier à mars). S’y ajoutent les restrictions internes aux organisations de producteurs (OP) pour gérer leur sous-quota : par exemple des quotas individuels.

Carte nourriceries sole

La bande côtière est globalement une zone de nourricerie, avec une densité plus forte de soles juvéniles dans les estuaires (Vilaine, Loire, Gironde) et les pertuis charentais. (Source : Le Pape, 2003)

Des risques pour la rentabilité

Faut-il étendre l’arrêt temporaire ? Diminuer le nombre de jours de mer effectif de cinq jours par mois, sur le premier trimestre, pour tous les détenteurs de l’AEP, réduirait les débarquements français de sole d’environ 20 %, en impactant surtout les fileyeurs.

Augmenter la taille minimale de capture ? Pour qu’une telle mesure soit pertinente, il ne faut pas que les individus sous-taille soient capturés. Aucun intérêt si ça se traduit par leur rejet. Ce serait donc à accompagner d’une amélioration de la sélectivité, mais, souligne l’Ifremer, en écho aux inquiétudes soulevées par l’OP de La Cotinière, « augmenter les maillages pour les métiers qui ne ciblent pas l’espèce entraînerait une baisse d’efficacité sur les autres espèces ciblées et donc une baisse de la rentabilité économique ». La taille de 26 cm a été avancée en réunion professionnelle. Les chalutiers côtiers capturent 33 % de sole de moins de 26 cm ; et ceux du large, 27 %. Pour les fileyeurs, c’est juste 10 %.

Limiter l’activité dans les nourriceries ? L’effet serait bénéfique, suppose l’Ifremer, craignant tout de même des reports d’effort hors de ces zones.

Réponse de l'Ifremer à la saisine de la DPMA sur la sole du golfe de Gascogne : Reponse saisine 15 8690 sole gg def (941.02 Ko)

© Le Marin – l’hebdomadaire de l’économie maritime

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