4 juin 2015

Le pied !!!!

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Plancton : les découvertes historiques de Tara Oceans

Dumbo

La revue Science a publié le 22 mai un hors-série sur les premiers résultats scientifiques de l’expédition Tara Oceans, A world of plankton. Les chercheurs livrent leurs découvertes sur la biodiversité du plancton, ses interactions, mais aussi sa sensibilité à l’environnement. C’est l’aboutissement de plus de trois ans de collecte de 35 000 échantillons, puis d’années d’analyse par des chercheurs de toutes disciplines et de tous horizons.

La biodiversité du plancton est décrite à travers ses trois composantes : les virus, les microbes et les eucaryotes. Les virus sont les plus petits et les plus abondants : il y en a près de 1 à 100 milliards dans un litre d’eau de mer. Avec environ un million de virus différents découverts,  « on a capté presque toute leur diversité », révèle Patrick Wincker, du Genoscope (CEA). Et « 99 % sont totalement nouveaux ! ».

Les chercheurs ont pu montrer leur modèle de dispersion : « Les virus sont produits dans des « banques de graines » locales puis sont dispersés par les courants océaniques », explique Matthew Sullivan, de l’université d’Arizona. Ainsi, chaque endroit contient presque toute la diversité des virus, mais avec des abondances très variables de chacun, selon les conditions.

Jellyfish mange poissons

Méduses se nourrissant de poissons. (Photo : Tara Oceans)

Un cran de taille au-dessus, les microbes (surtout des bactéries) ne sont qu’environ 1 milliard par litre... Via le plus grand travail de séquençage jamais effectué pour des organismes marins, « les analyses ont révélé environ 40 millions de gènes microbiens dont 80 % sont nouveaux, ce qui suggère une biodiversité bien plus importante que ce que l’on imaginait, explique Patrick Wincker. On estime qu’ils correspondent à environ 35 000 espèces de bactéries planctoniques différentes. » Les profondeurs contiennent beaucoup plus de diversité que les eaux de surface.

Enfin, les eucaryotes planctoniques, nos ancêtres dont le matériel génétique est contenu dans un noyau, avaient jusqu’ici été très peu étudiés. Comme pour les virus, « on atteint un plateau, on a donc trouvé quasiment toute la diversité des planctons eucaryotes, il y aurait environ un million d’espèces », indique Colomban De Vargas, directeur de recherche au CNRS. Il y a finalement peu de plantes (phytoplancton) et beaucoup d’organismes parasites, prédateurs, ou en symbiose avec d’autres, et appartenant à des groupes très peu connus.

Protistes

Il y a une grande diversité de protistes (eucaryotes unicellulaires). (Photo : Tara Oceans)

« Il y a énormément d’interactions entre espèces et au sein des espèces. » Ce parasitisme effréné va des virus aux petites larves d’animaux : la plupart de leurs liens sont de type parasitique. Outre leur ampleur, les scientifiques ont découvert que « ces interactions ont un rôle majeur dans la composition des communautés planctoniques », indique Samuel Chaffron, de l’institut de recherche belge VIB. Les chercheurs sont parvenus à modéliser ces interactions : les modèles ont prédit comment des planctons très divers interagissaient, prédictions confirmées par les observations au microscope.

Enfin, ils ont montré l’importance des courants océaniques sur ces écosystèmes. Notamment comment au sud de l’Afrique un tourbillon froid sépare nettement les populations planctoniques de l’océan Indien et de l’Atlantique, qui n’ont qu’environ 30 % de matériel génétique commun. « C’est un cycle de lavage à froid », observe le chercher italien Daniele Ludicone.

La température de l'eau, un élément majeur

Car, c’est un autre résultat important de Tara Oceans : quelques degrés sont déterminants pour la répartition du plancton. « Des groupes d’organismes différents se forment en fonction de la température de l’eau », observe Peer Bork de l’EMBL. C’est le facteur principal, loin devant l’oxygène ou les nutriments, expliquant la composition des communautés. « En voyant quel plancton est là, on peut en déduire la température ! » Cette forte sensibilité à la température implique que les changements climatiques ont un fort impact sur le plancton en présence.

Ces résultats portent sur une fraction des échantillons. Leur exploration va se poursuivre à travers toute la communauté scientifique, qui dispose désormais d’une base de données extraordinaire pour comprendre les interactions entre océan, climat et biodiversité.

© Le Marin

Bar : les contre-propositions des pêcheurs français

Lf bar ligneurs

C’est l’indignation suite aux propositions de la Commission européenne, il y a quelques jours, de fixer des limites de capture mensuelles du bar selon les métiers en zone nord, puis tout récemment de monter sa taille minimale de capture (toutes zones cette fois) de 36 à 42 cm. Les professionnels de la commission bar du comité national des pêches maritimes (CNPM) ont mieux à proposer.

D’abord, il alerte sur « les risques d’augmentation des rejets » liés à ces mesures. Sur les plafonds de capture, il demande « une limitation mensuelle pour l’ensemble des engins de pêche fixée à 1,5 tonne par mois avec une flexibilité sur trois mois, afin notamment de faire face aux aléas climatiques ».

Quant à la taille minimale, le CNPMEM encourage la Commission à retenir, pour le stock nord, « une position de précaution, raisonnable, avec un passage dans un premier temps à 40 cm », et le statu quo pour le golfe de Gascogne, suivant la distinction des stocks effectuée par les scientifiques. Ces mesures pourraient tomber très vite : la taille de capture pourrait être décidée dès ce vendredi 5 juin. Les ministres, réunis en Conseil à la mi-juin, n’auront à se prononcer que sur les limites de capture mensuelles. Le CNPMEM appelle en tout cas à réévaluer les mesures selon les nouveaux avis du Ciem attendus courant juin.

Les pêcheurs rappellent aussi leur implication pour trouver des solutions de gestion du bar et déplorent « des mesures vécues comme injustes et disproportionnées ». Ils appellent à des solutions pragmatiques et économiquement supportables, dans un plan de gestion à long terme. Et regrettent, comme sur le dossier des filets dérivants, le « silence de certaines ONG au regard de l’impact des propositions européennes sur la petite pêche côtière », tout comme « le mépris général de la Commission quant aux impacts socio-économiques générés le long du littoral français ».

© Le Marin –

Golfe de Gascogne : les scientifiques optimistes sur l’anchois

Jmlp promethee

Le stock d’anchois du golfe de Gascogne se porte bien. C’est le sentiment partagé par les scientifiques des deux côtés des Pyrénées. Les Français de l’Ifremer et les Basques de l’Azti ont relevé des indices encourageants lors de leurs campagnes de prospection dans le golfe de Gascogne.

 «Nous serons sans doute au-dessus des 100 000 tonnes de biomasse» avance Mathieu Doray, chef de la campagne Ifremer Pelgas, entamée début avril à bord de la Thalassa, et qui s’est achevé à Brest, le 2 juin.

Accompagné par deux paires de pélagiques, le navire de l’Ifremer a effectué « des radiales perpendiculaires à la côte espacées de 12 milles ». Cette méthode permet de sonder le golfe de Gascogne à l’échelle du plateau continental jusqu’à Brest. Les échos acoustiques permettent « de positionner les bancs de poisson et calculer leur densité ». Cette technique est complétée par des coups de chalut. Au total 150 pêches ont été réalisées pour identifier les caractéristiques du poisson. « Nous avons pêché du moule 300 à 30 dont beaucoup de très petits anchois et un peu de gros qui a survécu. Ces données devraient se traduire par un bon recrutement » que les scientifiques vont quantifier d’ici le 24 juin, date de la publication de leur rapport.

Les scientifiques du Ciem (Conseil international pour l’exploration de la mer) émettront un avis fin juin en en vue d’une proposition du Tac (total annuel de capture) d’anchois qui sera fixé par les ministres européens de la pêche. Cette année, la France dispose de 3 750 tonnes à pêcher jusqu’au 30 juin. En France, l’essentiel du Tac d’anchois est détenu par l’OP Vendée et l’OP Les Pêcheurs de Bretagne.

Les premières impressions étaient également positives sur le chinchard et la sardine. «Ce dernier stock semble bien se comporter dans le golfe de Gascogne» alors que le stock ibérique s’est effondré selon les scientifiques.

© Le Marin –

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