19 juin 2015

VIDEO. Le sauvetage d'un requin-baleine par des plongeurs.

Le squale était prisonnier d'un filet de pêche. Il a été sauvé par l'équipe d'une société organisant des stages de plongée aux Philippines.

Sauvetage 1

Tourisme et préservation de l’environnement font ils bon ménage ? C’est une question que se posent de nombreux défenseurs de la nature. A raison lorsque l’on observe certains comportements et leurs conséquences sur des sites très fréquentés. Par exemple, le Népal a dû mettre en place (depuis avril 2014) l’obligation pour chaque alpiniste s’attaquant à l’ascension de l’Everest de redescendre 8 kilogrammes de déchets afin de nettoyer le plus haut sommet du monde, devenu une véritable poubelle au fil du temps. Une mesure indispensable pour assainir l’écosystème et permettre notamment à la faune de se réapproprier l’espace souillé.

Ecotourisme

Les entreprises de tourisme ont une vraie responsabilité dans la prévention de ce type de comportements. Elles doivent non seulement sensibiliser leurs clients à ce respect des lieux d’habitation des animaux sauvages, mais également donner l’exemple. C’est ce qu’ont magnifiquement fait les équipes d’une société organisatrice de stages de plongée aux Philippines. Des plongeurs de Seadoors ont ainsi libéré un requin-baleine (Rhincodon typus) empêtré dans un filet de pêche. A l’aide d’un couteau, l’un des hommes-grenouilles parvient à découper les mailles et dégager le squale. Les blessures provoquées au niveau des nageoires et du dos sont impressionnantes et il n’est pas difficile d’imaginer ce qu’il serait advenu de l’animal sans cette intervention. Une situation pas si rare, comme nous le signalions déjà le mois dernier.

Grégory Ruffin © Sciences et Avenir - Vidéo © SEADOORS / VIMEO

Armel Le Cleac’h, Jean Galfione, Loïck Peyron… pour la bonne cause.

Record 2015

Le bassin de Saint-Nazaire s’anime le week-end des 20 et 21 juin pour le traditionnel Record SNSM, au profit des sauveteurs en mer. Jean-Pierre Dick, Armel Le Cleac’h, Tanguy de Lamotte, Louis Burton, Jean Galfione, Loïck Peyron… Il n'est pas difficile de convaincre les grands marins de participer à cette course solidaire.

Ils seront une quarantaine inscrits au départ, dimanche, de l’un des quatre records entre Saint-Nazaire et les côtes bretonnes, aller-retour.

Record snsm 1

Avec aussi un « petit record » côtier le samedi 20, entre Saint-Nazaire et son quartier balnéaire de Saint-Marc-sur-Mer pour les véliplanchistes, kayakistes, amateurs de paddle et de voile légère.

Et dès ce vendredi 19 juin, les scolaires sont invités à visiter le pôle national de formation de la SNSM et la vedette de sauvetage, fabriquer des bateaux en bois, régater… Côté météo : beau temps et belle mer sont aussi au programme !

© Le Marin - l’hebdomadaire de l’économie maritime

Volvo Océan Race à Lorient (56) : fauchés par la Formule 1 des mers

Le trimaran Spindrift 2 percute un bateau de l'organisation peu avant le départ de la 9e et dernière étape de la Volvo Ocean Race entre Lorient et Göteborg, le 16 juin 2015.

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Départ de Lorient (AFP / Jean-Sébastien Evrard)

LORIENT (France), 17 juin 2015 – Le Spindrift 2 est le plus grand multicoque de course au large du monde. Un bateau hors normes. Un trimaran de quarante mètres de long qui détient un record du tour du monde à la voile, et qui atteint fréquemment des pointes de plus de 46 nœuds, soit 85 km/h. A pleine vitesse, ses safrans sont tranchants comme des lames de rasoir. Pas le genre de bolide qu’on rêve de voir foncer sur soi en pleine mer…

C’est pourtant ce à quoi j’assiste ce 16 juin en début d’après-midi au large de Lorient, en Bretagne. C’est le départ de la neuvième et dernière étape de la Volvo Ocean Race, une prestigieuse course à la voile autour du monde pour monocoques. Le Spindrift 2 ne figure pas parmi les concurrents. Mais le bateau a Lorient comme port d’attache, et il est de tradition que les grands voiliers assistent aux départs de course quand ils ont lieu chez eux.

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Le trimaran Spindrift 2, quelques instants avant l'accident (AFP / Jean-Sébastien Evrard)

Je me trouve à bord d’un des « bateaux de presse » avec trois autres photographes et deux pilotes. Le temps est magnifique, les conditions de travail sont idéales. Avant de se lancer vers le large en direction de Göteborg, le point final de la Course en Suède, les voiliers de la Volvo Race doivent effectuer un petit parcours de régate près de Lorient.

Le « bateau de presse » à bord duquel je me trouve a pris position à la limite de la « zone d’exclusion » strictement délimitée par les organisateurs pour ne pas gêner les concurrents près de la ligne de départ. Il y a toujours beaucoup de monde sur l’eau les jours de course. Plusieurs bateaux de l’organisation sont là pour empêcher les plaisanciers et jet-skis qui pullulent dans les environs de s’aventurer dans le périmètre interdit.

Je vois le Spindrift 2 qui se dirige vers la ligne de départ. Presque à l’arrêt, le bateau vire à babord puis file vers le large en prenant de la vitesse. Il se dirige droit vers le groupe de bateaux de l’organisation. Tout de suite, la manœuvre me semble dangereuse. Ce trimaran est une vraie Formule 1 des mers, avec beaucoup de voile, des accélérations inouïes et énormément d’inertie. Le barreur ne bénéficie pas d'une très bonne visibilité. Le Spindrift 2 est comme un gros cargo difficile à manœuvrer et il fonce à toute vitesse vers un canot semi-rigide des organisateurs à l'arrêt. Le pilote du canot sait que s'il avance, son embarcation passera sous la coque du trimaran. Il semble tétanisé, tout comme nous, à bord du bateau de presse.

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(AFP / Jean-Sébastien Evrard)

La scène fatale dure à peine trois ou quatre secondes. Le choc est inévitable. Je vois les occupants du semi-rigide se jeter par-dessus bord dans la panique. Leurs gilets de sauvetage se gonflent automatiquement au contact de l’eau. L’un des safrans du Spindrift 2 percute de plein fouet un des boudins du canot semi-rigide en faisant un bruit vraiment effrayant, une sorte de grand « tac »... Une femme est violemment projetée à l’eau. Je suis le seul photographe à bord du bateau de presse à avoir le réflexe de braquer mon appareil vers la scène et à prendre une quinzaine d’images en rafale. Pourquoi ? Je ne sais pas… Je n’ai pas eu le temps de comprendre ce qui s’est passé.

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(AFP / Jean-Sébastien Evrard)

Tout de suite, notre vedette fonce vers la scène de ce rarissime accident, à trente ou quarante mètres de nous. Mais nous n’aurons pas à intervenir : en quelques secondes, deux équipes de la Société nationale de sauvetage en mer sont déjà sur place et prennent les choses en main.

Une énorme tache de sang se répand lentement dans la mer à proximité du canot heurté par le voilier. Au bout de vingt minutes, un hélicoptère arrive et hélitreuille la victime, qui semble très mal en point et a été recueillie à bord d’une des embarcations des sauveteurs.

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(AFP / Jean-Sébastien Evrard)

J’apprends plus tard que cette femme, grièvement blessée, a été transportée vers l’hôpital de Lorient. La gendarmerie maritime a ouvert une enquête à laquelle Spindrift Racing s'est engagé à « coopérer pleinement ». Terrible journée… Cette femme a malheureusement dû être amputée de la jambe.

Jean-Sébastien Evrard - photographe collaborateur de l'AFP - © AFP – Making-of – Les coulisses de l’info

D'étonnantes images prises à 6 100 mètres de fond à Porto Rico

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Une équipe de scientifiques du National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), l’équivalent américain de l’Ifremer, a récemment mis en ligne une vidéo des images prises au mois d’avril au large de Porto Rico.

Les chercheurs  menaient une expédition de 52 jours à bord du navire océanographique Oceanos Explorer. Leur mission : cartographier des fonds marins encore méconnus et mieux comprendre cet écosystème. Ils auront réalisé un total de 12 plongées au cours desquelles ils ont pu observer une centaine d’espèces de poisson, une cinquantaine de coraux des grands fonds et des centaines d’invertébrés.

Beaucoup d’entre elles n’avaient jamais été vues dans leur habitat naturel. Certaines espèces sont encore inconnues de l’homme.

Les plongées ont été effectuées par un Rov à une profondeur jamais atteinte dans cette région : près de 6 100 mètres.

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Pêche : Après MSC (international) et Pêche Durable (français), un écolabel européen dès 2016 ?

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Le président de la commission de la pêche en avait fait dès le départ une de ses priorités. Alain Cadec, fervent partisan d’un écolabel au niveau européen, présidait le 17 juin une audition publique sur la mise en place de critères communs pour concrétiser ce projet.

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Alain Cadec

« On constate l’émergence de nombreux labels qui se concurrencent les uns les autres et sont insuffisants pour fournir une véritable information aux consommateurs sur la durabilité, la qualité et la traçabilité des produits mis sur le marché, regrette le député du PPE (Parti populaire européen). Seul un label public européen unique peut garantir le respect de standards environnementaux, sociaux et sanitaires élevés. »

Le timing se fait cette fois-ci plus précis : « La commission présentera ainsi en fin d’année des options pour ce label. Sur cette base, un label européen unique pourra être mis en place dès 2016 », a indiqué Alain Cadec.

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Alfred, l’éléphant de mer océanographe.

Alfred est un éléphant de mer. Un vieux mâle, près de deux tonnes de muscles et de graisse, doté de crocs dangereux et d’une voix grave avec laquelle il impressionne et écarte ses rivaux.

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Alfred mène une vie singulière. Neuf mois par an en mer, souvent près des côtes de l’Antarctique, à se goinfrer au maximum de poissons et de calmars pour engraisser, sans répit. Et trois mois de jeune complet. En octobre, pour diriger son harem et diffuser ses gènes en se reproduisant, il rejoint les femelles sur les plages de rocs des Kerguelen. Il y séjourne également entre décembre et avril pour muer, faire poils et peau neuve.

Alfred est aussi un instrument scientifique performant. Collé sur sa tête, un boîtier en résine de 11 cm sur 7 cm, orné d’une petite antenne, contient une balise Argos qui lui permet d’entrer en contact avec des satellites. Noyés dans la résine, une série d’instruments mesurent la température, la salinité, la pression, voire la couleur de l’eau. On trouve aussi un accéléromètre dans ce boîtier conçu et fabriqué par le Sea mammal research unit de l’Université St Andrew en Ecosse. Lorsqu’il met la tête hors de l’eau, pour reprendre sa respiration entre deux plongées, Alfred envoie un résumé de ses enregistrements via le système Argos. Plus tard, lorsqu’il sera aux Kerguelen, le boîtier pourra être récupéré par des jeunes gaillards du service civique. Ceux-là même qui le lui ont collé sur la tête, après l’avoir aveuglé à l’aide d’une capuche et endormi avec l’injection d’un anesthésiant. Alors, la totalité des informations enregistrées, toutes les deux secondes lors des plongées, sera récupérée par les scientifiques.

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Trajectoire des éléphants de mer

Alfred est un plongeur de première classe. «Il effectue 60 plongées par jour, de 20 minutes, en moyenne à 500 mètres de profondeur, mais assez régulièrement jusqu’à 1000 à 1.500 mètres et jusqu’à 2.000 mètres exceptionnellement », précise Christophe Guinet, spécialiste es-éléphants de mer au Centre d’études biologiques de Chizé (CNRS/Université de La Rochelle). Sur son écran d’ordinateur, le biologiste affiche les données envoyées par la balise ct109-031-14 dont le dernier contact satellite est du jour même, ce 1er juin. Le système permet de visualiser la trajectoire de l’animal. Depuis la mi-janvier, l’animal, une femelle, donc Gertrude, ou un jeune mâle (Alphonse ?) s’alimente, «probablement de poissons-lanterne, des petites proies négligées par les navires de pêche mais très abondantes», sur un carré de 50 par 50 km, à 120 km des Kerguelen. Une pêche intensive à coup de plongées régulières entre 800 et 1.200 mètres.

Une flotte de recherche océanographique

Alfred, Gertrude ou Alphonse font partie de la centaine d’éléphants de mer «équipés chaque année par les scientifiques de dix pays, Afrique du Sud, Allemagne, Australie, Brésil, Canada, Chine, Etats Unis, France, Grande Bretagne, Norvège», explique Guinet. Une sorte de flotte de recherche océanographique, spécialisée dans les parties les plus au sud des océans Indien, Pacifique et Atlantique, les plus difficiles d’accès pour les navires. Et surtout l’océan Austral qui tourne sans fin autour du continent Antarctique. Une flotte capable d’étudier ce dernier sous la banquise, jusqu’à 600 km de son bord. Une banquise qui s’étend sur 16 millions de kilomètres carrés l’hiver et deux millions l’été, masquant l’océan aux satellites et l’interdisant aux navires.

Capture

Capture d’Alfred (photo Guinet)

L'expérience initiée par l’équipe de Guinet en 2003 pour étudier la vie océanique et mystérieuse de ces animaux spectaculaires, les éléphants de mer servent désormais à l’océanographie, tant de recherche qu’opérationnelle. Depuis le 1er juin, le site web dédié MEOP met à leur disposition quelque 320.000 profils océanographiques, portant sur des milliers de kilomètres. Car les éléphants de mer ne plongent pas seulement profonds, ils nagent loin et vite. (Sur le graphique, 24h de la vie d’Alfred, chaque point bleu représentant un mouvement brusque, signe d’une tentative, réussie ou pas, de capture d’une proie).

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L'accéléromètre indique les tentatives de capture

Les gros mâles des Kerguelen ont l’habitude de traverser en quelques semaines les 2.000 km entre les Kerguelen et le bord de l’Antarctique «pour aller s’y nourrir de poissons, des légines surtout, et de calmar de grande taille, d’environ un mètre, qui vivent près des fonds», explique Guinet. Des profils collectés entre 2004 et 2014, via plus de 750 balises collées sur des centaines d’éléphants de mer et sur quelques phoques de Wedell. Les trois populations équipées - Kerguelen, près des îles Malouines (Falklands) et Macquarie (au sud de la Nouvelle Zélande) - couvrent tout l’océan austral. Leurs mesures sont désormais calibrées, corrigées des défauts et mises au format des données océanographiques internationales par un ingénieur, Fabien Roquet, aujourd’hui à l’Université de Stockholm. Car les océanographes sont avides de précision. Il leur faut «la température à 0,02°C près et la salinité à trois centièmes près», souligne Guinet.

80% des données océanographiques au sud de 60°S.

La contribution des éléphants de mer à l’océanographie représente aujourd’hui plus de 98% des données disponibles sur la partie associée à la banquise de l’océan austral. Et 80% des données pour les océans au sud de 60°Sud. Ailleurs, l’océan mondial est parcouru, en permanence par 3000 bouées dérivantes du système Argo. Des «profileurs», largués depuis des navires, évoluent au gré des courants, et plongent jusqu’à 2.000 mètres sur un cycle de 10 jours. Leurs mesures sont centralisées par des systèmes comme Coriolis pour l’Europe et utilisées en routine pour la prévision de l’état des océans (courants de surface et profonds, hauteur des vagues…) délivrée chaque semaine par le consortium Mercator, basé à Toulouse. Une prévision destinée aux besoins opérationnels de navigation, civile et militaire, les sous-marins étant friands d’informations liées à leur furtivité et donc aux caractéristiques des masses d’eau profonde. Pour les prévisions climatiques saisonnières, réalisées quelques mois à l’avance. Ou pour les études climatiques à moyen et long terme, dans lesquelles les océans jouent un rôle décisif, par leur capacité à stocker et redistribuer la chaleur à l’échelle du globe et sur des durées allant de l’année au siècle.

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Mais les océans du grand sud résistent au système Argo. Le courant circum-antarctique coince chaque profileur à la latitude à laquelle il a été largué. Les bouées qui se retrouvent sous la banquise sont perdues pour le système. «Ces océans polaires sont peu accessibles et les données des éléphants de mer sont donc très complémentaires d’Argo», souligne Sabrina Speich, océanographe et professeur à l’Ecole Normale Supérieure. Elle se réjouit surtout de «l’énorme travail réalisé pour calibrer et valider ces mesures qui sont désormais intégrées dans la base mondiale de données océanographiques».

Dans cette coopération entre biologistes marins et océanographes, non seulement chaque partie y gagne mais des synergies scientifiques apparaissent. Déjà, plus de 70 publications mettent à profit les données pour des études océanographiques. Certaines mettent à profit la densité des mesures réalisées par les éléphants de mer qui permet d’atteindre les petites structures de «la turbulence océanique, souligne Speich, grâce aux millions de profils, à étudier avec des méthodes automatisées et statistiques. Ce nombre énorme est une chance mais il faut pouvoir les traiter, et pérenniser le système.» Ou de suivre l’évolution des paramètres physico-chimiques sur un lieu durant plusieurs mois, ce que les bouées dérivantes ne peuvent faire. Parmi les cibles des recherches en cours, le couplage entre la biologie et la physique des océans. Positionner les trajectoires des animaux sur les images des satellites d’altimétrie ou de couleur des océans permet de voir les éléphants de mer suivre avec précision les contours des tourbillons où se concentrent le plancton et donc les poissons.

Le mystère de l’extension de la banquise Antarctique

Des sujets très chauds pourraient trouver des réponses à l’aide des éléphants de mer et des phoques de Wedell qui plongent sous la banquise. L’un des mystères actuels réside dans l’extension de la banquise antarctique, depuis une demi-douzaine d’années. Parmi les hypothèses, l’adoucissement des eaux de surface, par la fonte accélérée de la calotte polaire et l’augmentation des pluies. Or, moins l’eau est salée et plus sa température de gel s’élève vers zéro.

Anomalie antarctique

Banquise antarctique, écart à la moyenne

Les biologistes marins ont, avec ces mesures, percé nombre de mystères des éléphants de mer. La seule mesure de l’évolution de «l’angle de plongée révèle leur densité, et donc leur taux d’engraissement, s’amuse Guinet. Les accéléromètres signalent toutes les tentatives de capture de poissons ou de calmar. L’efficacité de la pêche de chaque individu est donc mesurable. L’accéléromètre a également démontré que ces éléphants de mer, échappent aux orques qui les chassent en plongeant très bas, puis en s’immobilisant. Ou qu’ils dorment en se retournant sur le dos, à 200 ou 400 mètres de profondeur, durant une dizaine de minutes, puis remontent respirer.

Les biologistes n’auraient jamais obtenu les crédits pour une telle action, coûteuse (4.500 euros le boîtier), alors que les gouvernements leur demandent sans cesse de se détourner de la recherche de base pour aller vers l’utile et le court terme. Ce n’est donc pas du CNRS que vient l’essentiel des moyens financiers mais du Cnes, l’Agence spatiale française («et de la Fondation Total», ajoute Guinet). Le Cnes y voyant un moyen de valoriser le système spatial Argos avec des résultats scientifiques majeurs et une contribution nécessaire à l’océanographie opérationnelle.

Reste un problème, le financement pérenne de cet observatoire des océans. Guinet en est réduit à voir passer des ingénieurs, éjectés lorsque leurs CDD de trois ans arrivent à terme, alors que les océanographes, les climatologues et les services opérationnels comptent désormais sur Alfred, Gertrude et Alphonse pour leurs prévisions.

Sylvestre Huet - © Libération sciences – sources CNRS.

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